« Ah la belle Hélène! » de Guy Rancourt

Ah la belle Hélène!

[singlepic id=65 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Ah la belle Hélène !
Fille du cygne et de Léda
Diront les férus de mythologie
Ah la belle Hélène!
Sœur des jumeaux Castor et Pollux
Diront les amateurs d’astrologie
Ah la belle Hélène!
épouse de Ménélas et de Pâris
Diront les amoureux de l’histoire

Ah la belle Hélène!
Fille de Normandie
Diront les gens de la France
Ah la belle Hélène!
Fille du Roy
Diront les colons de la Nouvelle-France
Ah la belle Hélène!
Femme-enfant de Sieur Samuel de Champlain
Diront les habitants de Stadaconé Continuer la lecture de « « Ah la belle Hélène! » de Guy Rancourt »

« Lettre à Hélène » de Nathalie Crapez

Lettre à Hélène

Poème pour Hélène
Hélène Par pagail

Te souviens-tu de nos secrets
Chuchotés dans le petit jardin
Là où personne ne nous voyait.
J’ai conservé de ce jardin
Le souvenir enchanté
De lianes entrelacées
Qui nous piquaient les mains.
Je vois encore la balancelle
Camouflée sous la tonnelle,
Je sens encore les rayons du soleil
Qui jaunissaient la treille Continuer la lecture de « « Lettre à Hélène » de Nathalie Crapez »

« Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia

Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard

Statue de Pierre de Ronsard

Jadis plus d’un amant, aux jardins de Bourgueil,
A gravé plus d’un nom dans l’écorce qu’il ouvre,
Et plus d’un coeur, sous l’or des hauts plafonds du Louvre,
A l’éclair d’un sourire a tressailli d’orgueil.

Qu’importe ? Rien n’a dit leur ivresse ou leur deuil.
Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre
Et nul n’a disputé, sous l’herbe qui les couvre,
Leur inerte poussière à l’oubli du cercueil. Continuer la lecture de « « Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia »

« Berceuse à Hélène » de Max Waller

Berceuse à Hélène

Je suis triste, ma reine,
Que mon coeur, mon cœur a de peine,
Je suis triste, ma reine,
D’être si loin de vous.

Je vous ai vue à peine,
Que mon coeur, mon cœur a de peine,
Je vous ai vue à peine
Près du Fossé-aux-Loups.

Mon âme est pleine, pleine,
Que mon cœur, mon cœur a de peine,
Mon âme est pleine, pleine
De vers aux rimes d’or.

Je veille, Hélène, Hélène
Que mon cœur, mon coeur a de peine,
Je veille, Hélène, Hélène,
C’est le lecteur qui dort.

La chose est souveraine,
Que mon cœur, mon cœur a de peine,
La chose est souveraine
Et ça ne coûte rien.

Dors tranquille et sereine,
Que mon cœur, mon cœur a de peine,
Dors tranquille et sereine,
Dors mon enfant, c’est pour ton bien.

Max Waller
« La flûte à Siebel »

 

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Helene Par Giuseppe Milani – Clinico

Poème d'amour pour Hélène – René Guy Cadou

Les chevaux de l’amour me parlent de rencontres
Qu’ils font en revenant par des chemins déserts
Une femme inconnue les arrête et les baigne
D’un regard douloureux tout chargé de forêts

Méfie-toi disent-ils sa tristesse est la nôtre
Et pour avoir aimé une telle douleur
Tu ne marcheras plus tête nue sous les branches
Sans savoir que le poids de la vie est sur toi

Mais je marche et je sais que tes mains me répondent
Ô femme dans le clair prétexte des bourgeons
Et que tu n’attends pas que les fibres se soudent
Pour amoureusement y graver nos prénoms

Tu roules sous tes doigts comme des pommes vertes
De soleil en soleil les joues grises du temps
Et poses sur les yeux fatigués des villages
La bonne taie d’un long sommeil de bois dormant

Montre tes seins que je voie vivre en pleine neige
La bête des glaciers qui porte sur le front
Le double anneau du jour et la douceur de n’être
Qu’une bête aux yeux doux dont on touche le fond

Telle tu m’apparais que mon amour figure
Un arbre descendu dans le chaud de l’été
Comme une tentation adorable qui dure
Le temps d’une seconde et d’une éternité.

René Guy Cadou

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helenew Par Giuseppe Milani – Clinico

Poème d'amour pour Hélène – René Guy Cadou

Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps

Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur mes épaules
Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

Tu ne remuais encor que par quelques paupières
Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées
Je ne voyais en toi que cette solitude
Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie
Ce grand tapage matinal qui m’éveillait
Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays
Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres
Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau
Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères
Où nous allions tous deux enlacés par les rues

Tu venais de si loin derrière ton visage
Que je ne savais plus à chaque battement
Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même
Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

René Guy Cadou

 

Helene Sedelmayer (12 May, 1813 - 18 November, 1898) Par 1way2rock

Poème d'amour pour Hélène – René Guy Cadou

Comme un fleuve s’est mis
À aimer son voyage
Un jour tu t’es trouvée
Dévêtue dans mes bras

Et je n’ai plus songé
Qu’à te couvrir de feuilles
De mains nues et de feuilles
Pour que tu n’aies point froid

Car t’aimais-je autrement
Qu’à travers tes eaux vives
Corps de femme un instant
Suspendu à mes doigts

Et pouvais-je poser
Sur tant de pierres chaudes
Un regard qui n’aurait
Été que du désir ?

Vierge tu réponds mieux
À l’obscure sentence
Que mon coeur fait peser
Doucement sur ton coeur

Et si j’ai le tourment
De ta métamorphose
C’est qu’il me faut aimer
Ton amour avant toi.

René Guy Cadou

Color Helene Par unclebumpy

« À la découverte de la femme » par Alfred Jarry

À la découverte de la femme

Une forme nue et qui tend les bras,
Qui désire et qui dit : Est-ce possible ?
Yeux illuminés de joie indicible,
— Qui peut, diamants, nombrer vos carats !

Bras si las quand les étreintes les rompent.
Chair d’un autre corps pliée à mon gré,
Et grands yeux si francs, surtout quand ils trompent,
— Salez moins vos pleurs, car je les boirai.

Au frisson debout elle est, endormie,
Un cher oreiller en qui bat un cœur ;
Mais rien n’est plus doux que sa bouche amie,
Que sa bouche amie, et c’est le meilleur.

Nos bouches, formez une seule alcôve,
Comme on unit deux cages par leurs bouts
Pour célébrer un mariage fauve
Où nos langues sont l’épouse et l’époux.

Tel Adam qu’animé une double haleine
A son réveil trouve Ève à son côté,
Mes sommeils enfuis, je découvre Hélène,
Vieux mais éternel nom de la beauté.
Au fond des temps par un cor chevroté :

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