« À madame la princesse douairière, Charlotte de la Trémouille » de François de Malherbe

À madame la princesse douairière, Charlotte de la Trémouille

William Wentworth
William Wentworth, 2nd Earl of Strafford, with his sisters, Lady Anne and Lady Frances Arabella par lisby1

Quoi donc, grande princesse, en la terre adorée,
Et que même le Ciel est contraint d’admirer,
Vous avez résolu de nous voir demeurer
En une obscurité d’éternelle durée ?

La flamme de vos yeux, dont la cour éclairée
A vos rares vertus ne peut rien préférer,
Ne se lasse donc point de nous désespérer,
Et d’abuser les voeux dont elle est désirée ? Continuer la lecture de « « À madame la princesse douairière, Charlotte de la Trémouille » de François de Malherbe »

« Comme une grande fleur… » par Albert Samain

Comme une grande fleur…

Fleur de la Saint-Valentin
Rose jaune reçu pour la Saint Valentin. Par Errol ImagesMedia

Comme une grande fleur trop lourde qui défaille,
Parfois, toute en mes bras, tu renverses ta taille
Et plonges dans mes yeux tes beaux yeux verts ardents,
Avec un long sourire où miroitent tes dents…
Je t’enlace ; j’ai comme un peu de l’âpre joie
Du fauve frémissant et fier qui tient sa proie. Continuer la lecture de « « Comme une grande fleur… » par Albert Samain »

« Fleur De La Saint-Valentin » par Hebert Logerie

Fleur De La Saint-Valentin

Fleur de la Saint-Valentin
Rose jaune reçu pour la Saint Valentin. Par Errol ImagesMedia

C’est ta fête, je vais te célébrer,
Te contempler et te lorgner.
Je vais admirer ta couleur et ta peau,
Du matin jusqu’à la tombée des rideaux.

Je vais inhaler ta beauté,
Et me nourrir de ton arôme.
Je vais larmoyer ma fidélité,
En t’offrant mon cœur et mes pommes. Continuer la lecture de « « Fleur De La Saint-Valentin » par Hebert Logerie »

« J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline » de Victor Hugo

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline

J’ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.
Dans l’âpre escarpement qui sur le flot s’incline,
Que l’aigle connaît seul et seul peut approcher,
Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.
L’ombre baignait les flancs du morne promontoire ;
Je voyais, comme on dresse au lieu d’une victoire
Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,
À l’endroit où s’était englouti le soleil,
La sombre nuit bâtir un porche de nuées.
Des voiles s’enfuyaient, au loin diminuées ;
Quelques toits, s’éclairant au fond d’un entonnoir,
Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.
J’ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée. Continuer la lecture de « « J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline » de Victor Hugo »

« Fleur Fatale » d'Émile Verhaeren

Fleur fatale

L’absurdité grandit comme une fleur fatale
Dans le terreau des sens, des cœurs et des cerveaux ;
En vain tonnent, là-bas, les prodiges nouveaux ;
Nous, nous restons croupir dans la raison natale.

Je veux marcher vers la folie et ses soleils,
Ses blancs soleils de lune au grand midi, bizarres,
Et ses échos lointains, mordus de tintamarres
Et d’aboiements et pleins de chiens vermeils.

Iles en fleurs, sur un lac de neige ; nuage
Où nichent des oiseaux sous les plumes du vent ;
Grottes de soir, avec un crapaud d’or devant,
Et qui ne bouge et mange un coin du paysage.

Becs de hérons, énormément ouverts pour rien,
Mouche, dans un rayon, qui s’agite, immobile
L’insconscience douce et le tic-tac débile
De la tranquille mort des fous, je l’entends bien !

Émile Verhaeren

« Les débâcles »

Beauté fatale...
Beauté fatale... Par ImAges ImprObables
Beauté fatale… Par ImAges ImprObables sur Flickr