« À Fanny » d’André Chénier

« À Fanny » (III)

[singlepic id=147 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Fanny, l’heureux mortel qui près de toi respire
Sait, à te voir parler et rougir et sourire,
De quels hôtes divins le ciel est habité.
La grâce, la candeur, la naïve innocence
Ont, depuis ton enfance,
De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté.

Sur tes traits, où ton âme imprime sa noblesse,
Elles ont su mêler aux roses de jeunesse
Ces roses de pudeur, charmes plus séduisants,
Et remplir tes regards, tes lèvres, ton langage,
De ce miel dont le sage
Cherche lui-même en vain à défendre ses sens.

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« À Fanny » d'André Chénier

À Fanny (II)

Extrait

Mai de moins de roses, l’automne
De moins de pampres se couronne,
Moins d’épis flottent en moissons,
Que sur mes lèvres, sur ma lyre,
Fanny, tes regards, ton sourire,
Ne font éclore de chansons.

Les secrets pensers de mon âme
Sortent en paroles de flamme,
A ton nom doucement émus :
Ainsi la nacre industrieuse
Jette sa perle précieuse,
Honneur des sultanes d’Ormuz.

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« À Fanny » d'André Chénier

À Fanny (I)

Fanny
Fanny / New Haircut I Par Jakob Hans

Non, de tous les amants les regards, les soupirs
Ne sont point des pièges perfides.
Non, à tromper des coeurs délicats et timides
Tous ne mettent point leurs plaisirs.
Toujours la feinte mensongère
Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs,
Une insidieuse prière.

Non, avec votre image, artifice et détour,
Fanny, n’habitent point une âme ;
Des yeux pleins de vos traits sont à vous. Nulle femme
Ne leur paraît digne d’amour.
Ah ! la pâle fleur de Clytie
Ne voit au ciel qu’un astre ; et l’absence du jour
Flétrit sa tête appesantie. Continuer la lecture de « « À Fanny » d'André Chénier »