« A sa Muse » par Étienne Jodelle

« A sa Muse »

Muse
 » Your silent eyes convince me i’m marooned … We are safe inside this azure blue lagoon  » Par gmayster01 on & off …

Tu sçais, o vaine Muse, o Muse solitaire
Maintenant avec moy, que ton chant qui n’a rien
De vulgaire, ne plaist non plus qu’un chant vulgaire.

Tu sçais que plus je suis prodigue de ton bien
Pour enrichir des grans l’ingrate renommée
Et plus je perds le tems, ton espoir et le mien.

Tu sçais que seulement toute chose est aymée
Qui fait d’un homme un singe, et que la vérité
Souz les pieds de l’erreur gist ores assommée. Continuer la lecture de « « A sa Muse » par Étienne Jodelle »

« En quelle nuit, de ma lance d'ivoire », Poème érotique d'Étienne Jodelle

En quelle nuit, de ma lance d’ivoire

Jouvencelle
fête médiévale 2010 (ORANGE,FR84) par jean-louis Zimmermann

En quelle nuit, de ma lance d’ivoire,
Au mousse bout d’un corail rougissant,
Pourrai-je ouvrir ce boutin languissant,
En la saison de sa plus grande gloire ?

Quand verserai-je, au bout de ma victoire,
Dedans sa fleur le cristal blanchissant,
Donnant couleur à son teint pâlissant,
Sous le plaisir d’une longue mémoire ? Continuer la lecture de « « En quelle nuit, de ma lance d'ivoire », Poème érotique d'Étienne Jodelle »

« Encor que toi, Diane, à Diane tu sois » par Étienne Jodelle

Encor que toi, Diane, à Diane tu sois

Diane Kruger
Diane Kruger par Siebbi

Encor que toi, Diane, à Diane tu sois
Pareille en traits, en grâce, en majesté céleste,
En coeur, et haut, et chaste, et presqu’en tout le reste
Fors qu’en l’austérité des virginales lois,

La riche et rare fleur, qu’en tout ton corps tu vois,
Ton enbonpoint, ta grâce, et ta vigueur atteste,
Que puis qu’un autre hymen a dénoué ton ceste
Virginal, en veuvage envieillir tu ne dois. Continuer la lecture de « « Encor que toi, Diane, à Diane tu sois » par Étienne Jodelle »

« Épitaphe du Membre viril de Frère Pierre » par Étienne Jodelle

Épitaphe du Membre viril de Frère Pierre

Epitaphe
Porno für Anfänger Par Theater der Künste

Ci est gisant sous cette pierre
L’un des membres de Frère Pierre,
Non un des bras, ni une des mains,
Ni pied, ni jambe, hélas ! humains,
Mais bien le membre le plus cher
Que sur lui on eût pu toucher.

C’est son Billard, c’est son Bourdon,
Son Chalumeau, son gros Bedon,
Sa Pièce de chair, son Bidault,
Son Pousse-bourre, son Ribault,
Son gentil Bâton Pastoral,
Sa rouge branche de Coral,
Son Guille-la, son Calemard,
Son Factoton, son Braquemard,
Son Furon furetant sans cesse,
Son petit Bâton de jeunesse,
Son Courtault, son Sceptre royal,
Son Vilbrequin, son Nerf loyal,
Son Pistolet aimé des dames,
Son Désiré entre les femmes,
Son Rameau dont il s’émouchait (1),
Son Instrument dont il pissait,
Sa Gaine, son Bâton de lit,
Sa Joie du monde, son Vit,
Son exécuteur tant propice
De l’infâme et basse Justice.

Ce non maître, dès son enfance,
Fut de si grande obeïssance
Que jamais chose on ne lui dit
Que soudainement il ne fit ;
Car dès que sa Mère Nourrice
Le frotait, disant : « Pisse ! Pisse ! »
Soudain pissait, puis (grâce à Dieu!)
Frère Pierre cru peu à peu,
Et déja montait, dès son jeune âge,
Sur les filles de son village,
Et les culait et les foulait
Si bien, qu’on vit bien qu’il falait
Hors du monde le reculer,
Pour ce qu’il eut peu trop culer,
Dont, par ses parents et amis,

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Poème érotique d'Étienne Jodelle

Sonnet IX

Sensuelle
Very … Par Môsieur J. [version 7.1.2]
Amour vomit sur moi sa fureur et sa rage,
Ayant un jour du front son bandeau délié,
Voyant que ne m’étais sous lui humilié
Et que ne lui avais encore fait hommage ;

Il me saisit au corps, et en cet avantage
M’a les pieds et les mains garrotté et lié :
De l’or de vos cheveux, plus qu’or fin délié,
Il s’est voulu servir pour faire son cordage.

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