« Pour Elle » de Jeremy Kombo

Pour Elle

La bourse et la tête légère,
Moi, mes amis, mes frères,
Nous étions jadis partenaire,
Adepte de l’école buissonnière.

Rien ne pouvait nous arrêter,
A part le vent, la neige, la pluie,
Rien ne pouvait nous faire travailler,
Sauf la belle, la jolie Sylvie.

Hors, un jour voici la fille tant attendu,
Un jour de pluie bien entendu,
Et tous les bons élèves, les assidues,
Pensaient que de droit elle leurs était due.

Mais par malheur les sérieuses et ce fut son cas,
Préfèrent aux futurs chômeurs ou poètes,
Les futurs médecins ou avocats,
Alors il était temps de s’y mettre.

Les profs n’y sont toujours pas revenu,
C’était nous les plus assidues,
Depuis que l’amour a posé son ancre,
Je n’ai jamais autant consommé d’encre. Continuer la lecture de « « Pour Elle » de Jeremy Kombo »

« à aimer quelqu’un…… » de Pierre-Fernand Crasset Mauviel

Portrait en noir et blanc d'une jeune femme

À aimer quelqu’un

à aimer quelqu’un en secret
Voilà le passe-temps discret
Du chançard, direz-vous, en chœur
Hélas, mes amis, pour mon cœur
Un dilemme, parfois, des regrets

Car l’Amour fait fi des décrets
Tout cœur à ce jeu se soumet
Sans penser, presque sans rancœur
à aimer quelqu’un (en secret )

Souhaitant un pardon discret
Faites grâce à ce Pierre Crasset
Porté par l’élan de son cœur
Sa conduite, il le sait, écœure
Car toujours, il est encor prêt
à aimer quelqu’un (en secret )

Pierre-Fernand Crasset Mauviel

Aimer quelqu’un c’est aussi aimer le bonheur de quelqu’un. Par Casse-Noisette

« Dieu, qu'il la fait bon regarder » de Charles d'Orléans

Dieu, qu’il la fait bon regarder

Dieu, qu’il la fait bon regarder,
La gracieuse, bonne et belle !
Pour les grans biens qui sont en elle,
Chascun est prest de la louer.

Qui se pourroit d’elle lasser ?
Tousjours sa beauté renouvelle,
Dieu, qu’il la fait bon regarder,
La gracieuse, bonne et belle !

Par deça ne dela la mer
Ne sçay dame ne damoiselle
Qui soit en tous biens parfais telle ;
C’est un songe que d’y penser.
Dieu, qu’il la fait bon regarder !

Charles d’Orléans
Il y a
« Portrait », by André SC

« La dame en noir » d'Émile Verhaeren

La dame en noir

– Dans la ville d’ébène et d’or,
Sombre dame des carrefours,
Qu’attendre, après tant de jours,
Qu’attendre encor ?

– Les chiens du noir espoir ont aboyé, ce soir,
Vers les lunes de mes deux yeux,
Si longuement, vers mes deux yeux silencieux,
Si longuement et si terriblement, ce soir,
Vers les lunes de mes deux yeux en noir.

Dites, quels feux agitent-ils mes crins,
Pour affoler ainsi ces chiens,
Et quelle ardeur règne en mes reins
Et dans mon corps toisonné d’or ?

– Sombre dame des carrefours,
Qu’attendre, après de si longs jours,
Qu’aittendre ?

– Vers quel paradis noir font-ils voile mes seins,
Et vers quels horizons ameutés de tocsins ?
Dites, quel Walhalla tumultueux de fièvres
Ou quels chevaux cabrés vers l’amour sont mes lèvres ?

Dites, quel incendie et quel effroi
Suis-je ? pour ces grands chiens, qui me lèchent ma rage,
Et quel naufrage espèrent-il en mon orage
Pour tant chercher leur mort en moi ?

– Sombre dame des carrefours,
Qu’attendre après de si longs jours ?

– Mes yeux, comme des pierres d’or,
Luisent pendant les nuits charnelles :
Je suis belle comme la mort
Et suis publique aussi comme elle.

Aux douloureux traceurs d’éclairs
Et de désirs sur mes murailles,
J’offre le catafalque de mes chairs
Et les cierges des funérailles.

Je leur donne tout mon remords
Pour les soûler au seuil du porche,
Et le blasphème de mon corps
Brandi vers Dieu comme une torche. Continuer la lecture de « « La dame en noir » d'Émile Verhaeren »

« Éloge de la jeune fille » de Victor Segalen

Jeune Fille

 Éloge de la jeune fille

Magistrats ! dévouez aux épouses vos arcs triomphaux. Enjambez
les routes avec la louange des veuves obstinées. Usez du ciment,
du faux marbre et de la boue séchée pour dresser les mérites de
ces dames respectables, – c’est votre emploi.

Je garde le mien qui est d’offrir à une autre un léger tribut de
paroles, une arche de buée dans les yeux, un palais trouble
dansant au son du cœur et de la mer.

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« À celle que j'aime » de Nérée Beauchemin

À celle que j’aime

Dans ta mémoire immortelle,
Comme dans le reposoir
D’une divine chapelle,
Pour celui qui t’est fidèle,
Garde l’amour et l’espoir.

Garde l’amour qui m’enivre,
L’amour qui nous fait rêver ;
Garde l’espoir qui fait vivre ;
Garde la foi qui délivre,
La foi qui nous doit sauver.

L’espoir, c’est de la lumière,
L’amour, c’est une liqueur,
Et la foi, c’est la prière.
Mets ces trésors, ma très chère,
Au plus profond de ton cœur.

Nérée Beauchemin
« Les floraisons matutinales »

There is something, you know, in the air...
There is something, you know, in the air... Par Jean-

« Que Serais-je sans toi » de Louis Aragon

Que Serais-je sans toi

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J’ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j’ai vu désormais le monde à ta façon
J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson. Continuer la lecture de « « Que Serais-je sans toi » de Louis Aragon »