« Ô beaux cheveux d'argent mignonnement retors » de Joachim Du Bellay

Ô beaux cheveux d’argent mignonnement retors

Cheveux blonds
elle avait des cheveux blondes Par Gerard Stolk (vers le Carême)

Ô beaux cheveux d’argent mignonnement retors !
Ô front crêpe et serein ! et vous, face dorée !
Ô beaux yeux de cristal ! ô grand bouche honorée,
Qui d’un large repli retrousses tes deux bords ! Continuer la lecture de « « Ô beaux cheveux d'argent mignonnement retors » de Joachim Du Bellay »

« Ariane » de Théodore de Banville

Ariane

Ariane
. Par Carnie Lewis

Dans Naxos, où les fleurs ouvrent leurs grands calices
Et que la douce mer baise avec des sanglots,
Dans l’île fortunée, enchantement des flots,
Le divin Iacchos apporte ses délices.

Entouré des lions, des panthères, des lices,
Le Dieu songe, les yeux voilés et demi-clos ;
Les Thyades au loin charment les verts îlots
Et de ses raisins noirs ornent leurs cheveux lisses.

Assise sur un tigre amené d’Orient,
Ariane triomphe, indolente, et riant
Aux lieux même où pleura son amour méprisée.

Elle va, nue et folle et les cheveux épars,
Et, songeant comme en rêve à son vainqueur Thésée,
Admire la douceur des fauves léopards.

Théodore de Banville

« Chant d'Amour (III) » d'Alphonse de Lamartine

Chant d’Amour (III)

Cheveux
[cheveux Court] Par Mlle Map
Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ?
Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage :
Rougis-tu d’être belle, ô charme de mes yeux ?
L’aurore, ainsi que toi, de ses roses s’ombrage.
Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux,
Ce qui brille le plus se voile davantage ;
Comme si la beauté, cette divine image,
N’était faite que pour les cieux ! Continuer la lecture de « « Chant d'Amour (III) » d'Alphonse de Lamartine »

« Pleine d'Heures » de Marc Dupuy

Pleine d’heure

Pleine d'heures
Alsace, Bas-Rhin :  » Strasbourg, cathédrale Notre-Dame, horloge astronomique  » Par (vincent desjardins)

La Main pleine d’heures, tu es venue à moi – j’ai dit :
« tu n’as pas les cheveux bruns »
Alors tu les as soulevés, et les mis très légers sur la balance de la douleur : ils étaient plus lourds que moi

Ils viennent à toi sur des barques et les y chargent, ils les écoutent sur les marchés du plaisir —
Tu souris vers moi depuis le néant, je pleure vers toi depuis le plateau qui demeure léger.
Je pleure : tu n’as pas les cheveux bruns, ils offrent l’eau de la mer, et tu leur donnes des boucles…
Tu chuchotes : ils remplissent le monde rien que pour moi ; mais je demeure un chemin creux dans ton cœur !
Dis : mets avec toi le feuillage des années — il est temps que tu viennes et m’embrasses !

Le feuillage des années est brun. Tes cheveux ne le sont pas.

Marc DUPUY

« Requête » de Marc Dupuy

Requête

Envoie-moi un cheveu de toi
Long comme ça.
Comme une corde.

Envoie-moi un rêve de toi
Ce que tu rêves de moi
Le dernier cri de plaisir et un cristal de sueur.

Viens. Toute.

La nuit je dors sur tes lettres
J’y dors comme sur des nuages déchiquetés.
Tout vient du cerveau.

Envoie-moi une vieille dent, une demi-oreille,
Tout ce que tu possèdes.
Et envoie-moi un bonjour
Comme adressé dans un baiser.

Ton odeur, j’aimerais pleurer autrement.

Renvoie-moi un petit quelque chose de moi
J’en ai besoin pour t’aimer.

Marc Dupuy

Requête
St-Pascal-Baylon, Quebec City Par colros

« Au rendez vous des amis » d'André Laude

Au rendez vous des amis

 À Madame David

Spleen de Sybille Rembard
Les amoureux (Blues d’Incomplétude) Par Louis Engival

Dans le café surréaliste
où la chevelure de Bérénice
s’accroche aux hanches des garçons

Parlent sans s’écouter vraiment
tant ils ont bu
Dante et Fernando Pessoa

Epaules tassées, j’entends
Moi l’obscur employé
du ministère du néant
amateur fiévreux d’ouzo et de vin de Porto

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« Les Cheveux » de Rémy de Gourmont

Les Cheveux

Simone, il y a un grand mystère
Dans la forêt de tes cheveux.

Tu sens le foin, tu sens la pierre
Où des bêtes se sont posées ;
Tu sens le cuir, tu sens le blé,
Quand il vient d’être vanné ;
Tu sens le bois, tu sens le pain
Qu’on apporte le matin ;
Tu sens les fleurs qui ont poussé
Le long d’un mur abandonné ;
Tu sens la ronce, tu sens le lierre
Qui a été lavé par la pluie ;
Tu sens le jonc et la fougère
Qu’on fauche à la tombée de la nuit ;
Tu sens la ronce, tu sens la mousse,
Tu sens l’herbe mourante et rousse
Qui s’égrène à l’ombre des haies ;
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« Voluptueusement berçons notre faiblesse » – Catulle Mendès

Voluptueusement berçons notre faiblesse

Reste. N’allume pas la lampe. Que nos yeux
S’emplissent pour longtemps de ténèbres, et laisse
Tes bruns cheveux verser la pesante mollesse
De leurs ondes sur nos baisers silencieux.

Nous sommes las l’un autant que l’autre. Les cieux
Pleins de soleil nous ont trompés. Le jour nous blesse.
Voluptueusement berçons notre faiblesse
Dans l’océan du soir morne et silencieux.

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