« Il n'est donc plus d'espoir, et ma plainte perdue » par André Chénier

Il n’est donc plus d’espoir, et ma plainte perdue

Il n’est donc plus d’espoir, et ma plainte perdue 
A son esprit distrait n’est pas mème rendue ! 
Couchons-nous sur sa porte. Ici, jusques au jour 
Elle entendra les pleurs d’un malheureux amour. 
Mais, non… Fuyons… Une autre avec plaisir tentée 
Prendra soin d’accueillir ma flamme rebutée, 
Et de mes longs tourments pour consoler mon coeur…
Mais plutôt renonçons à ce sexe trompeur.  Continuer la lecture de « « Il n'est donc plus d'espoir, et ma plainte perdue » par André Chénier »

« Art d'aimer » par André Chénier

Art d’aimer

Fragment II

Aimer
Aimer et être aimé Par bzhmatth

Quand l’ardente saison fait aimer les ruisseaux,
A l’heure où vers le soir, cherchant le frais des eaux,
La belle nonchalante à l’ombre se promène,
Que sa bouche entr’ouverte et que sa pure haleine
Et son sein plus ému de tendresse et de voeux
Appellent les baisers et respirent leurs feux ;
Que l’amant peut venir, et qu’il n’a plus à craindre
La raison qui mollit et commence à se plaindre ;
Que sur tout son visage, ardente et jeune fleur,
Se répand un sourire insensible et rêveur ;
Que son cou faible et lent ne soutient plus sa tête ;
Que ses yeux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sous leur longue paupière à peine ouverte au jour,
Languissent mollement et sont noyés d’amour…

André Chénier

Poème inachevé

« Poèmes »

« Art d'aimer » par André Chénier

Art d’aimer

Fragment VI

La Vieille femme
La Vieille femme, par Marc DUPUY

Si d’un mot échappé l’outrageuse rudesse
A pu blesser l’amour et sa délicatesse,
Immobile il gémit, songe à tout expier.
Sans honte, sans réserve, il faut s’humilier
Églé, tombe à genoux, bien loin de te défendre ;
Tu le verras soudain plus amoureux, plus tendre,
Courir et t’arrêter, et lui-même à genoux
Accuser en pleurant son injuste courroux. Continuer la lecture de « « Art d'aimer » par André Chénier »

« Art d'aimer » par André Chénier

Art d’aimer

Fragment III

[singlepic id=146 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Ainsi le jeune amant, seul, loin de ses délices,
S’assied sous un mélèze au bord des précipices,
Et là, revoit la lettre où, dans un doux ennui,
Sa belle amante pleure et ne vit que pour lui.
Il savoure à loisir ces lignes qu’il dévore ;
Il les lit, les relit et les relit encore,
Baise la feuille aimée et la porte à son cœur. Continuer la lecture de « « Art d'aimer » par André Chénier »

« Art d'aimer » par André Chénier

Art d’aimer

Fragment VIII

Printemps au Japon
Printemps du Japon – Aix en provence – 2012-05-05- P1390039 Par styeb

Qu’il est doux, au retour de la froide saison,
Jusqu’au printemps nouveau regagnant la maison,
De la voir devant vous accourir au passage,
Ses cheveux en désordre épars sur son visage !
Son oreille de loin a reconnu vos pas :
Elle vole, et s’écrie, et tombe dans vos bras ;
Et sur vous appuyée et respirant à peine,
À son foyer secret loin des yeux vous entraîne.
Là, mille questions qui vous coupent la voix,
Doux reproches, baisers, se pressent à la fois.  Continuer la lecture de « « Art d'aimer » par André Chénier »

« Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines » par André Chénier

Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines

[singlepic id=108 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines
Ma Muse jeune et fraîche, amante des fontaines,
Assise au fond d’un antre aux nymphes consacré,
D’acanthe et d’aubépine et de lierre entouré.
L’Amour, qui l’écoutait caché dans le feuillage,
Sortit, la salua Sirène du bocage.
Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés
D’hyacinthe et de myrte en couronne tressés :
 » Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,
 » Autant que le cytise à la mielleuse abeille.  »

André Chénier

Crédit Photo : Paul Emile Chabas (1869-1937), « Naïades » Par sofi01

« À Fanny » d’André Chénier

« À Fanny » (III)

[singlepic id=147 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Fanny, l’heureux mortel qui près de toi respire
Sait, à te voir parler et rougir et sourire,
De quels hôtes divins le ciel est habité.
La grâce, la candeur, la naïve innocence
Ont, depuis ton enfance,
De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté.

Sur tes traits, où ton âme imprime sa noblesse,
Elles ont su mêler aux roses de jeunesse
Ces roses de pudeur, charmes plus séduisants,
Et remplir tes regards, tes lèvres, ton langage,
De ce miel dont le sage
Cherche lui-même en vain à défendre ses sens.

Continuer la lecture de « « À Fanny » d’André Chénier »

« À Fanny » d'André Chénier

À Fanny (II)

Extrait

Mai de moins de roses, l’automne
De moins de pampres se couronne,
Moins d’épis flottent en moissons,
Que sur mes lèvres, sur ma lyre,
Fanny, tes regards, ton sourire,
Ne font éclore de chansons.

Les secrets pensers de mon âme
Sortent en paroles de flamme,
A ton nom doucement émus :
Ainsi la nacre industrieuse
Jette sa perle précieuse,
Honneur des sultanes d’Ormuz.

Continuer la lecture de « « À Fanny » d'André Chénier »

« À Fanny » d'André Chénier

À Fanny (I)

Fanny
Fanny / New Haircut I Par Jakob Hans

Non, de tous les amants les regards, les soupirs
Ne sont point des pièges perfides.
Non, à tromper des coeurs délicats et timides
Tous ne mettent point leurs plaisirs.
Toujours la feinte mensongère
Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs,
Une insidieuse prière.

Non, avec votre image, artifice et détour,
Fanny, n’habitent point une âme ;
Des yeux pleins de vos traits sont à vous. Nulle femme
Ne leur paraît digne d’amour.
Ah ! la pâle fleur de Clytie
Ne voit au ciel qu’un astre ; et l’absence du jour
Flétrit sa tête appesantie. Continuer la lecture de « « À Fanny » d'André Chénier »