« À Ninon » de Claude-Emmanuel Lhuillier

À Ninon

Extrait du poème

De grâce, introduis-moi chez elle
Je brûle de voir cette belle
Si c’est mon mal, si c’est mon bien
Je veux mourir si j’en sais rien.
….
Elle est ou contraire ou propice
Selon qu’il plaît à son caprice
Et son caprice, ce dit-on
Vaut souvent mieux que sa raison.

Ami courons à ces délices
Allons offrir sous tes auspices
Et mon cœur et ma liberté
À cette mortelle beauté
Ne trompe pas mon espérance
Je meurs d’impatience
Et si je ne la vois mardi
Tu me verras mort mercredi.

Claude-Emmanuel Lhuillier, dit CHAPELLE

Ninon Lenclos
Ninon Lenclos Par Stifts- och landsbiblioteket i Skara

“Sonnet” d'Auguste Angellier

Sonnet

« Où es-tu ? », disait-elle, errant sur le rivage
Où des saules trempaient leurs feuillages tremblants ;
Et des larmes d’argent coulaient dans ses doigts blancs
Quand elle s’arrêtait, les mains sur son visage.

Et lui, errant aussi sur un sable sauvage
Où des joncs exhalaient de longs soupirs dolents,
Sous la mort du soleil, au bord des flots sanglants,
S’écriait : « Où es-tu ? », tordant ses mains de rage. Continuer la lecture de « “Sonnet” d'Auguste Angellier »

« FURIEUSEMENT » de Lucie Delarue-Mardrus

FURIEUSEMENT

Je veux te prendre, toi que je tiens haletante
Contre mes seins, les yeux de noirs de consentement ;
Je veux te posséder comme un amant,
Je veux te prendre jusqu’au cœur !…Je veux te prendre !…

Ah ! rouler ma nudité sur ta nudité,
Te fixer, te dévorer les yeux jusqu’à l’âme,
Te vouloir, te vouloir !… Et n’être qu’une femme
Sur le bord défendu de la félicité !…

Et m’assouvir d’une possession ingrate
Qui voudrait te combler, t’atteindre, t’éventrer,
Et qui n’est rien qu’un geste vain d’ongle fardé
Fouillant de loin ta chair profonde et délicate !…

Lucie Delarue-Mardrus

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Kiss In (11) – 26Sep09, Paris (France) Par philippe leroyer