“Juin” de Marc Dupuy

Juin

Poème original disponible sur les poèmes de Marc DUPUY

Le garçon des amours
Apprivoise son cœur.

Ses mains, déjà si proches,
se défont dans la pénombre.

Pourquoi voles-tu de ces lèvres
des poignées de lumière à brûler ?

L’éclipse se rapproche et submerge
l’émail de mes yeux.

Et je te laisse, transpercé et âpre,
le Harpon au poing, jusqu’au bout.

Marc Dupuy

Juin de Marc DUPUY
into the wild Par hippolyte photography

« Au Bois » de Victor Hugo

Au Bois

Nous étions, elle et moi, dans cet avril charmant
De l’amour qui commence en éblouissement.
Ô souvenirs ! ô temps ! heures évanouies !
Nous allions, le cœur plein d’extases inouïes,
Ensemble dans les bois, et la main dans la main.
Pour prendre le sentier nous quittions le chemin,
Nous quittions le sentier pour marcher dans les herbes.
Le ciel resplendissait dans ses regards superbes ;
Elle disait : Je t’aime ! et je me sentais dieu.

Parfois, près d’une source, on s’asseyait un peu.
Que de fois j’ai montré sa gorge aux branches d’arbre !
Rougissante et pareille aux naïades de marbre,
Tu baignais tes pieds nus et blancs comme le lait.
Puis nous nous en allions rêveurs. Il me semblait,
En regardant autour de nous les pâquerettes,
Les boutons-d’or joyeux, les pervenches secrètes
Et les frais liserons d’une eau pure arrosés,
Que ces petites fleurs étaient tous les baisers
Tombés dans le trajet de ma bouche à ta bouche
Pendant que nous marchions ; et la grotte farouche
Et la ronce sauvage et le roc chauve et noir,
Envieux, murmuraient : Que va dire ce soir
Diane aux chastes yeux, la déesse étoilée,
En voyant toute l’herbe au fond du bois foulée ?

Victor Hugo
« Toute la Lyre »

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« Écris ton Nom » de Marc Dupuy

La Fille de l'air
La Chine en mouvement : chemin champêtre Par bertrand môgendre

Écris ton nom à côté du mien.

C’est lisible. C’est simple :
Nous ne sommes pas un couple d’amoureux.

Bientôt nous partirons et chanterons,
Légèrement appuyés l’un sur l’autre…

Je ne dirais plus rien, après.
Tu diras en cet instant,
Nous sommes ensemble en terre étrangère.

Ceci est l’endroit où je me tiens et attends.

Ce qui viendra, cela ne compte pas.

Nous buvions et nous parlions
Jusqu’à chanter : entends-tu encore ?

From silent night. Vous me tuez si doucement.

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Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard

Samedi – trois heures du matin.

[singlepic id=113 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s’épanouissent comme tu es reine dans mon cœur. Continuer la lecture de « Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard »

« Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux » de Joachim du Bellay

Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux

Les amoureux...
Les amoureux… Par CedEm photographies

Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux,
Je n’escris de beauté, n’ayant belle maistresse,
Je n’escris de douceur, n’esprouvant que rudesse,
Je n’escris de plaisir, me trouvant douloureux ; Continuer la lecture de « « Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux » de Joachim du Bellay »

« Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront » – Joachim du Bellay

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront

Tour de Gent
Cache-cache (Hide-and-seek) Par Gilderic Photography

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront,
Ceux qui aiment l’honneur, chanteront de la gloire,
Ceux qui sont près du roi, publieront sa victoire,
Ceux qui sont courtisans, leurs faveurs vanteront, Continuer la lecture de « « Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront » – Joachim du Bellay »