« La Guerre » de Louise-Victorine Ackermann

La Guerre

I

Du fer, du feu, du sang ! C’est elle ! c’est la Guerre
Debout, le bras levé, superbe en sa colère,
Animant le combat d’un geste souverain.
Aux éclats de sa voix s’ébranlent les armées ;
Autour d’elle traçant des lignes enflammées,
Les canons ont ouvert leurs entrailles d’airain.

Partout chars, cavaliers, chevaux, masse mouvante !
En ce flux et reflux, sur cette mer vivante,
A son appel ardent l’épouvante s’abat.
Sous sa main qui frémit, en ses desseins féroces,
Pour aider et fournir aux massacres atroces
Toute matière est arme, et tout homme soldat.

Puis, quand elle a repu ses yeux et ses oreilles
De spectacles navrants, de rumeurs sans pareilles,
Quand un peuple agonise en son tombeau couché,
Pâle sous ses lauriers, l’âme d’orgueil remplie,
Devant l’œuvre achevée et la tâche accomplie,
Triomphante elle crie à la Mort: « Bien fauché ! »

Oui, bien fauché ! Vraiment la récolte est superbe ;
Pas un sillon qui n’ait des cadavres pour gerbe !
Les plus beaux, les plus forts sont les premiers frappés.
Sur son sein dévasté qui saigne et qui frissonne
L’Humanité, semblable au champ que l’on moissonne,
Contemple avec douleur tous ces épis coupés.

Hélas ! au gré du vent et sous sa douce haleine
Ils ondulaient au loin, des coteaux à la plaine,
Sur la tige encor verte attendant leur saison.
Le soleil leur versait ses rayons magnifiques ;
Riches de leur trésor, sous les cieux pacifiques,
Ils auraient pu mûrir pour une autre moisson.

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« Rupture » de Beverly Abril

Rupture

Rupture
(tristesse) Par hugo b♪rth♪→photostream

Solitaire à sa fenêtre, une amante, une nuit
Déclama à son Sir, à corps et à cri
Doucement blessée, un peu lasse
Mais prise dans un élan de passion et de grâce

Ironie du sort
Appel du gouffre et de la mort
Noirceur d’une âme endeuillée
Linceul en écharpe porté

Oh! ne crois pas que je t’implore
Non, plus d’imploration, de quête ni de séduction
Elan perpétuel, cette envie d’encore
Désir d’une trêve, évincer la tension

L’empressée que je suis
N’arrêtera l’envol de Chronos
Ne me demandez pas, je ne puis
Arrêter celui d’Eros

Attachée à la vision de ces pâles souvenirs
Comment ai-je ainsi pu agir…
Je vous délie de mes troubles péchés pesants
Cet espace de douceur a attendri vos traits pourtant

Et ce désir faisant crépiter ma peau
Réponse algébrique à la somme de tous mes maux
Comment oublier ces divins instants
Où vous avez fait battre mon cœur de votre sang Continuer la lecture de « « Rupture » de Beverly Abril »

« Ma belle un jour dessus son lit j'approche » de Jean Auvray

 Ma belle un jour dessus son lit j’approche

Ma belle un jour dessus son lit j’approche
Qui me baisant là sous moi frétillait
Et de ses bras mon col entortillait
Comme un Lierre une penchante Roche.

Au fort de l’aise et la pâmoison proche
Il me sembla que son oeil se fermait,
Qu’elle était froide et qu’elle s’endormait
Dont courroucé je lui fis ce reproche : Continuer la lecture de « « Ma belle un jour dessus son lit j'approche » de Jean Auvray »