« À la Femme aimée » de Renée Vivien

À la Femme aimée

Lorsque tu vins, à pas réfléchis, dans la brume,
Le ciel mêlait aux ors le cristal et l’airain.
Ton corps se devinait, ondoiement incertain,
Plus souple que la vague et plus frais que l’écume.
Le soir d’été semblait un rêve oriental
De rose et de santal.

Je tremblais. De longs lys religieux et blêmes
Se mouraient dans tes mains, comme des cierges froids.
Leurs parfums expirants s’échappaient de tes doigts
En le souffle pâmé des angoisses suprêmes.
De tes clairs vêtements s’exhalaient tour à tour
L’agonie et l’amour.

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« Quand on ne cherche qu'à se plaire » de Denis Sanguin de Saint-Pavin

Miroir Miroir

Quand on ne cherche qu’à se plaire

Quand d’un esprit doux et discret
Toujours l’un à l’autre on défère,
Quand on se cherche sans affaire
Et qu’ensemble on n’est pas distrait ;

Quand on n’eut jamais de secret
Dont on se soit fait un mystère,
Quand on ne cherche qu’à se plaire,
Quand on se quitte avec regret ; Continuer la lecture de « « Quand on ne cherche qu'à se plaire » de Denis Sanguin de Saint-Pavin »

L'Amour selon La Rochefoucauld

Citations d’amour de La Rochefoucauld

Amourette
Sans-Souci (195) Par ☆Veronika☆

Quelques citations de François de La Rochefouclauld

« Il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour ».

« On pardonne tant que l’on aime ».

« En amour, celui qui est guéri le premier est toujours le mieux guéri  ».

« Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux, s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour ».

«Il en est du véritable amour comme de l’apparition des esprits : tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu ».

François de La Rochefoucauld

L'amour, selon Molière

« Il le faut avouer, l’amour est un grand maître ; Ce qu’on ne fut jamais, il vous enseigne à l’être. »

« Tout le plaisir de l’amour est dans le changement . »

Molière

Ti Amo : À mon ami
2 Parole 5 Lettere Par FotoRita [Allstar maniac]

Extrait de « Phèdre » de Jean Racine

Mon mal vient de loin

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
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« La Loreley » – Guillaume Apollinaire

La Loreley

À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d’amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l’évêque la fit citer
D’avance il l’absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m’ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu’un autre te condamne tu m’as ensorcelé

Évêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n’aime rien

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