« Rondeau » de Jean Richepin

Circle of Fire from camping in Rondeau Park

Rondeau

Douces caresses
sweet caress Par Baba G

Votre beau thé, moins rare que vos yeux,
Votre thé vert, fleuri, délicieux,
Qui vaut quasi dix mille francs la livre,
Moins que la fleur de vos yeux il enivre
Et fait rêver qu’on s’en va dans les cieux.

J’ai bu les deux aromes précieux ;
Et jusqu’au jour dans mon lit soucieux
Il m’a sonné des fanfares de cuivre,
Votre beau thé. Continuer la lecture de « « Rondeau » de Jean Richepin »

« Quand tu me vois baiser tes bras » de Théophile de Viau

Quand tu me vois baiser tes bras

Stances

Quand tu me vois baiser tes bras,
Que tu poses nus sur tes draps,
Bien plus blancs que le linge même,
Quand tu sens ma brûlante main
Se pourmener dessus ton sein,
Tu sens bien, Cloris, que je t’aime.

Comme un dévot devers les cieux,
Mes yeux tournés devers tes yeux,
A genoux auprès de ta couche,
Pressé de mille ardents désirs,
Je laisse sans ouvrir ma bouche,
Avec toi dormir mes plaisirs. Continuer la lecture de « « Quand tu me vois baiser tes bras » de Théophile de Viau »

« Plainte pour le quatrième centenaire d'un amour » de Louis Aragon

Plainte pour le quatrième centenaire d’un amour

L’amour survit aux revers de nos armes
Linceul d’amour à minuit se découd
Les diamants naissent au fond des larmes
L’avril encore éclaire l’époque où
S’étend sur nous cette ombre aux pieds d’argile
Jeunesse peut rêver la corde au cou
Elle oublia Charles-Quint pour Virgile
Les temps troublés se ressemblent beaucoup
Abandonnant le casque et la cantine
Ces jeunes gens qui n’ont jamais souri
L’esprit jaloux des paroles latines
Qu’ont-ils appris qu’ils n’auront désappris
Ces deux enfants dans les buissons de France
Ressemblent l’Ange et la Vierge Marie
Il sait par cœur Tite-Live et Térence
Quand elle chante on dirait qu’elle prie
Je l’imagine Elle a les yeux noisette
Je les aurai pour moi bleus préférés
Mais ses cheveux sont roux comme vous êtes
O mes cheveux adorés et dorés
Je vois la Saône et le Rhône s’éprendre
Elle de lui comme eux deux séparés
Il la regarde et le soleil descendre
Elle a seize ans et n’a jamais pleuré
Les bras puissants de ces eaux qui se mêlent
C’est cet amour qu’ils ne connaissent pas Continuer la lecture de « « Plainte pour le quatrième centenaire d'un amour » de Louis Aragon »

« Épigramme » de François de Maucroix

Épigramme

— Mon Iris est une merveille !
Que son téton est blanc ! Que sa bouche est vermeille !
Bienheureux qui la touchera !
Bienheureux qui la baisera !
— Plus heureux encore qui la…
— Doucement, s’il vous plaît, hola !

François de Maucroix
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the anatomy of imperfection Par sternenrauschen