« Noblesse de confessionnal » par Penicolo, poète amateur

Noblesse de confessionnal

La marquise a un précepteur
Qui lui enseigne la musique
Car elle a le luth romantique
Et un charme dévastateur

En enseignant ce professeur
Subissant son attrait magique
Voit se déformer son physique
Qui s’émeut de tant de douceur​
La marquise feint d’ignorer
Qu’il vient de se revigorer
D’une façon si évidente​
Qu’elle aimerait beaucoup pouvoir
Se montrer un peu plus ardente
Dans l’intimité du boudoir.​

Mais son époux étant jaloux
Lui interdit de voir d’un mâle
Toute anatomie animale
Sinon il lui tranche le cou​
Au précepteur elle dit tout
Qu’elle aime le jeu magistral
Mais que le délire marital
Lui interdit les plaisirs fous​
Madame s’il ne faut point voir
Ce qui nuirait à vos devoirs
Bandez vos yeux je vous en prie​
Et ayant tiré les rideaux
Votre corps pourrait être pris
En un sensuel crescendo .​

La marquise se fit sensible
À l’argument d’obscurité
Et cédant à l’habileté
Aux fantaisies fut accessible​
Or bien qu’étant répréhensible
La provisoire cécité
Dévoila son avidité
Au musicien fort disponible​
Aux voisines osant révéler
Que la chose se peut bien celer
Si nulle vue n’y participe​
La mode vite se répandit
Et l’on adopta le principe
De se masquer les interdits​

Ainsi les cornes des marquis
Croissaient dans le plus grand silence
Maints précepteurs, savante engeance,
Dans les châteaux furent requis.​
Parfois l’aveuglement exquis
Perdait un vieil époux par chance
La veuve faisait alliance
Avec celui qui la conquit​
Mais rougissant d’excès d’audaces
Elle voulait lumière basse
Pour s’extasier sans pudeur​
Il lui paraissait que l’ivresse
Atteinte sans grande lueur
Pouvait être tue à confesse !

Penicolo

brown wooden church bench near white painted wall
Photo by Nikko Tan on Pexels.com

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