Le somme d’Estelle de Giovanni Pontano

Sommeil

Le somme d’Estelle

Seins, Chérie, de toi-même – et tétons – dénudés,
Prenant ma main, tu l’as portée à ta poitrine,
À ma bouche abouchant tes lèvres, tendrement,
Sur mes genoux assise – ô mon fardeau d’amour ! –
M’accolant, de sommeil léger bientôt gagnée,
Contre mon sein tu es, languide, retombée,
Après de longs soupirs fermant tes yeux lassés,
Tandis qu’en ta torpeur s’immisçait le repos.

Empressé, je t’apporte un filet mince d’air,
T’éventant doucement d’une paume efficace.
J’allège ton sommeil en chantant ; mon chant parle
Des amours de Sarnis, des doux secrets de Faune : Continuer la lecture de « Le somme d’Estelle de Giovanni Pontano »

« Moine Simple » par Émile VERHAEREN

Moines

Moine simple

Ce convers recueilli sous la soutane bise
Cachait l’amour naïf d’un saint François d’Assise.

Tendre, dévotieux, doux, fraternel, fervent,
II était jardinier des fleurs dans le couvent.

Il les aimait, le simple, avec toute son âme,
Et ses doigts se chauffaient à leurs feuilles de flamme.

Elles lui parfumaient la vie et le sommeil,
Et pour elles, c’était qu’il aimait le soleil

Et le firmament pur et les nuits diaphanes,
Où les étoiles d’or suspendent leurs lianes.

Tout enfant, il pleurait aux légendes d’antan
Où sont tués dés lys sous les pieds de Satan,

Où dans un infini vague, fait d’apparences,
Passent des séraphins parmi des transparences. Continuer la lecture de « « Moine Simple » par Émile VERHAEREN »