« Nuit Blanche » de Jacques Hiers

Nuit Blanche

Nuit blanche dans tes draps
Où ton corps se déhanche,
Nuit blanche dans tes bras
Avec nos avalanches
De baisers en flocons,
La lune sur tes hanches
Fait comme un gros ballon
Qui, tout en moi déclenche
Des hordes de frissons…
Nuit blanche entre Toi et moi,
Les crissis de tes soies
En nos étreintes franches,
Et ton souffle et ta voix
Mourant sur mon épaule,
Tes cheveux blonds me frôlent
En filaments de joie,
Quand sur moi tu te penches
Et voiles mes regards,
Ton cri au fond du soir
Quand ta chair s’est donnée,
Nos âmes sont miroirs
En vibrantes Psychés ;
Il se fait tôt ou tard,
Personne ne le sait,
La nuit ou le matin
Cernent là nos regards
Aux cernes fins et bruns…
Tes bas crissent encor
En des sanglots sans fin
Que j’en reperds le nord
Au début d’un matin…

Et tout nous dit « Encor »,
Les draps comme des brumes
Ont de lents reflets d’or
Sous des restes de lune ;
Ta peau a les parfums
De nos Orients tout proches,
Mes doigts cherchent tes doigts
Et nos corps se raccrochent
À quelque blanche nuit
Courant sur le vitrail…

Une mèche de cheveux blonds
A laquelle je mords,
Comme le fil de nos chairs
Qui nous relie encor…
Tu glisses sur ma peau,
Comme un cygne en paresse,
Ta paume me survole,
Nous sentons bien nos chairs
Qui à nouveau s’affolent,
Frissonnent, s’irisent, se pressent,
Tes seins oiseaux de feu
Déclenchent ici de folles
Et précises caresses,
Tout brûle au fond de nous,
Nous portons nos torchères
Et nos corps s’exaspèrent,
Tu pleus en moi,
Je fonds en Toi,
Les gouttes de nos pluies,
Diamants qui nous transpercent
Se figent dans nos sens,
Sertis de nos folies !
Je sens tes impatiences
Au fond de nos averses,
Tu cries, griffes et gémis
En de lentes et perverses
Plaintes à l’infini…

Jacques Hiers

 

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