« Ô les cheminées » de Nelly Sachs

Ô les cheminées

Ô les cheminées
Sur les demeures de la mort si bien imaginées,
Quand le corps d’Israël monta dissous en fumée au travers de la fumée –
Comme une étoile qui devint noire
Le reçut le ramoneur
À moins que ce fût comme un rayon de soleil ?
Ô les cheminées !
Chemins de liberté pour la poussière de Jérémie et de Job –
Qui donc pour vous le conçut et le bâtit pierre à pierre
Ce chemin pour les fugitifs de fumée ?
Ô les demeures de la mort,
Si bien arrangées
Pour le maître de logis, qui sinon aurait été l’invité
Ô vous doigts
Gisants au seuil de l’entrée
Comme un couteau entre la vie et la mort –
Ô les cheminées
Ô vous les doigts,
Et le corps d’Israël en fumée monte en fumée !
 

Nelly Sachs

(Dans les demeures de la mort)
 

Chimney
Chimney par brotherlywalks

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.