« Débâcle magique » par Michel Allowin

Débâcle magique

Notre première fois
C’est parti de guingois,
En compote de glaouis.

Je voulais – pour toi
Tout comme il faut :
Prendre le temps,
Préliminer, préliminer
Comme une bête…
Sacré putain
De bordel de Dieu,
Je l’ai pris le temps,
Battu en lenteur
Le record d’accord à corps !
Rien que pour
Te fiche aoualpé,
J’ai fait l’école buissonnière.
Puis doucettement
Te faire tomber
Dans mes paumes,
Massages pas sages
Et moult passages
Et polissages polissons.
Bouche, langue, lèvres
Furent de la partie,
Te prirent à partie
Pas une portion
Pas une partie
N’échappa à ma
Boulimie de gourmet,
Mes babines de toi
Firent le plein.
Et tout ce temps
Je me tends,
Tension de tentation,
Gonflées à bloc
Lourdes de sperme
Les burettes s’empourprent.
Tant plus je prélimine
Tant plus je me tends.
Hors donc, à force
De te méloper
Symphoner,
D’en musique
Te foutre,
Hors donc, en toi
Fut l’entrée en ta matrice
De pulpe fondante.
Tu arquas pour m’héberger
En entier, jusqu’à la garde.
Et illico, à mon grand dam
Dans ma belle dame,
Honteuzéconfus :
Tout, dans le con fut.
Alors…

…Tu as ri
Je, les ai vues,
Les perles de tes dents
Il a roulé ce rire, m’a chaviré,
Tintamarré aux ouïes !!
Pertout y en avait
De tes giclées de rire
Plein les draps
Plein la chambre
Du sol au plafond,
Ce rire libérateur
De ton coeur pas moqueur,
Ma tendre complice,
Ces éclats de joie
Se foutaient
du loupé de te foutre.
Tu m’as serré tout contre,
La douceur de tes lèvres
Aux arômes fruités
M’a cherché
Trouvé, goûté, embrassé
– T’as toujours eu l’art
D’embraser sur la bouche –
Blotti contre toi,
Mon coeur cognait,
Fier que tu l’aies conquis.

À l’imparfait du subjectif
Cette première fois !
Cette fois-là,
(Et en premier, aussi)
T’as osé dire
Que tu m’aimais,
Ces mots en cadeau
C’était le présent parfait.
Plus que parfait.
Alors j’ai su
Que t’avais en moi
Semé graines de magie.
On sème, oui.

Michel Allowin

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