« La mélancolie de Pierrot » de Jules Laforgue

La mélancolie de Pierrot

Le premier jour, je bois leurs yeux ennuyés…. 
Je baiserais leurs pieds, 
À mort. Ah ! qu’elles daignent 
Prendre mon coeur qui saigne !
Puis, on cause…. – et ça devient de la Pitié ;
Et enfin je leur offre mon amitié.

C’est de pitié, que je m’offre en frère, en guide ; 
Elles, me croient timide, 
Et clignent d’un œil doux :
« Un mot, je suis à vous ! »
(Je te crois) Alors, moi, d’étaler les rides 
De ce cœur, et de sourire dans le vide…..

Et soudain j’abandonne la garnison, 
Feignant de trahisons ! 
(Je l’ai échappé belle !) 
Au moins, m’écrira-t-elle ?
Point. Et je la pleure toute la saison….
– Ah ! j’en ai assez de ces combinaisons !

Qui m’apprivoisera le cœur ! belle cure….. 
Suis si vrai de nature
Aie la douceur des sœurs ! 
Oh viens ! suis pas noceur, 
Serait-ce donc une si grosse aventure 
Sous le soleil ? dans toute cette verdure…

Jules Laforgue

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