« L'arbre de vie » de Michelle Mayer

L’arbre de vie

Je faisais l’amour pendant que des experts
dont je n’avais que faire

marchandaient ma peau

lui collant une hypothétique durée
pour minimiser la rente à m’octroyer.

Malgré cette autre que je suis devenue
jusqu’à mon visage et ma voix

que je n’ai plus reconnus

je vais en chirurgie sans craindre le trépas

>Seule la magie de nos embrassements
inscrit sa douceur au tréfonds de moi.

Je m’accroche à l’arbre de vie
Les ombres qui peuplaient mon coma
à force de m’effrayer m’ont aguerrie de la peur
et m’ont livré cet enseignement singulier

Ne rien exiger  Ne rien attendre

mais seulement jouir de l’instant offert.

Avec toi ce fut un jeu dont le pari
n’était autre qu’un plein retour à la vie
Je ne suis pas amère , tu m’as beaucoup donné
dans un temps où les doctes me mettaient en sursis
J’ai vécu cet étrange chassé-croisé
où nous ne fûmes jamais deux, toujours trois,
comme l’annonce d’un faux pas.

Mais personne ne pourra rompre
le sortilège
de ce qui fut entre toi et moi.

Michelle Mayer

Arbre
L’Arbre de vie (British Museum)par Jean-Pierre Dalbéra

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