« Porteuse sans fardeau » par André Breton

Porteuse sans fardeau

Comme un esprit qui reviendrait à intervalles réguliers tant leur maintien est le même et n’appartient qu’à elles et tant elles semblent portées par le même
rythme, des jeunes filles de couleur passent souvent seules et chacune est la seule à qui
Baudelaire semble avoir pensé tant l’idée qu’il en donne est irremplaçable :

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,

Même quand elle marche on croirait qu’elle danse…

De quelle nuit sans âge et sans poids cette messagère muette dont, au défi de toutes les cariatides, la cheville et le col lancent plutôt qu’elles ne soutiennent la
construction totem ique qui dans l’invisible se confond — en vue de quel triomphe ? — avec le rêve d’un monument aux lois de l’imprégnation ?

André Breton

Porteuses
.. par Julien Lagarde

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