« L’étreinte de la terre » par Évelyne Laurence

L’étreinte de la terre

Si tu me contemples, je resplendirai
Je serai l’herbe emperlée de rosée.
Gabriela Mistral

Quand je sens ta ferveur se poser sur mes lèvres
Je suis ce paysage où palpite le ciel,
Où la vie accomplit son acte essentiel
Dans l’appel des rameaux et le flux de la sève.

Je suis cette colline amoureuse d’un lac
Jusqu’à fondre en ses eaux sa couronne d’ombrages,
Je suis la terre heureuse et chaude du rivage
Qui boit l’effervescence au baiser du ressac.

J’entends me traverser les souffles et les brises
Saturés de parfums, de graines, de pollens.
J’abrite les désirs, les amours, les hymens
Des tourterelles d’or, de blancs ramiers éprises.

Quand je sens la vigueur flexible de tes bras
M’embrase en même temps l’étreinte de la terre.
Et cette double extase et ce double mystère
Pénètrent dans mon sang et me parlent tout bas.

La nature imposante, exorable et féconde
M’offre ses voluptés et m’ouvre ses chemins.
J’enserre la douceur de vivre entre mes mains
Et mêle ma lumière à la lumière blonde.

Je saisis le secret, le cœur sacré des lieux
Lorsque ta vérité me devient un exemple.
Tout m’est prestigieux, parfait, solennel, ample :
Je suis un univers où s’exaltent des dieux.

Évelyne Laurence

Terre vue du Ciel
Terre vue du ciel par Stéphane PERES

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