« Christian » de William Cliff

Christian par Asim Bharwani
Christian par Asim Bharwani

Christian

parfois il s’en venait de ses doigts maladroits
me chercher dans le noir il poussait ses doigts rudes
maltraités de travail griffés d’égratignures
il venait me cherchait pour que je l’aime un peu

alors je l’embrassais ma bouche sur la sienne
déposait les baisers les plus doux je prenais
contre mon corps son corps si lisse et si tranquille
je prenais dans ma bouche ses seins et son sexe

mais bientôt la fatigue vainquit notre étreinte
nous tombions endormis sans que nous ayons pris
jouissance nous tombions au sommeil du monde
où les amants ensemble gisent séparés

pendant six ans il revint dormir près de moi
ensuite il s’éloigna glacial comme une étoile

William Cliff

« Le coin du feu » de Jacques Delille

Le coin du feu

Feu
feu 1 par Chez Pitch

Suis-je seul ? je me plais encore au coin du feu.
De nourrir mon brasier mes mains se font un jeu ;
J’agace mes tisons ; mon adroit artifice
Reconstruit de mon feu le savant édifice.
J’éloigne, je rapproche, et du hêtre brûlant
Je corrige le feu trop rapide ou trop lent.
Chaque fois que j’ai pris mes pincettes fidèles,
Partent en pétillant des milliers d’étincelles :
J’aime à voir s’envoler leurs légers bataillons.
Que m’importent du Nord les fougueux tourbillons ?
La neige, les frimas qu’un froid piquant resserre,
En vain sifflent dans l’air, en vain battent la terre,
Quel plaisir, entouré d’un double paravent,
D’écouter la tempête et d’insulter au vent ! Continuer la lecture de « « Le coin du feu » de Jacques Delille »

Poème érotique de Louis de Gonzague Frick

[singlepic id=124 w=320 h=240 float=right]Trou du cul de la Bien-Aimée
Te donnerai-je un nom de fleur
Lorsque ta matière embaumée
Se répand dans ma bouche en coeur
C’est toi, petit, que je préfère,
Mais j’aime aussi que ton voisin
Jute, jute comme un raisin
Afin que je me désaltère.
Ce sont là mes plus chers mignons,
Je leur donne ce qu’ils demandent
Des fruits fourrés et qu’ils me rendent
Tout imprégnés d’exhalaisons,
Gloire à ces deux trous brun et blond.

Louis de Gonzague Frick