« À une Dame » de Mellin de Saint-Gelais

À une Dame

[singlepic id=152 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Au temps heureux que ma jeune ignorance
Receut l’enfant qui des dieux est le maistre,
Vous, congnoissant qu’il ne faisoit que naistre,
Voulustes bien le nourrir d’esperance.

Mais puis que vous et sa perseverance
L’avez faict grand plus qu’aultre oncq ne peult estre,
En lieu d’espoir vous le laissez repaistre
Seul à part luy de mon mal et souffrance.

Ne pour essay que je face, ou effort,
Possible m’est l’oster de sa demeure,
Car plus que moy il est devenu fort.

Maulgré moy donc il fault qu’il demeure,
Mais maulgré luy aussi ay ce confort,
Qu’il sortira au moins mais que je meure.

Mellin de Saint-Gelais

Crédit Photo :Le Jour ni l’Heure 0866 : Nicolas de Largilière, 1656-1746 (ou Jean-Baptiste Oudry, 1686-1755), portrait d’une dame en Diane, c. 1710 (?), dét., The Bowes Museum, Barnard Castle, Co. Durham, Angleterre, lundi 16 avril 2012, 13:04:09 de Renaud Camus

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