« Plût-il à Dieu n’avoir jamais tâté » de Pierre de Ronsard

Sarah Bernhardt
Sarah Bernhardt Par genesee.gbh

Plût-il à Dieu n’avoir jamais tâté

Plût-il à Dieu n’avoir jamais tâté
Si follement le tétin de m’amie !
Sans lui vraiment l’autre plus grande envie,
Hélas ! ne m’eût, ne m’eût jamais tenté.

Comme un poisson, pour s’être trop hâté,
Par un appât, suit la fin de sa vie,
Ainsi je vois où la mort me convie,
D’un beau tétin doucement apâté.

Qui eût pensé, que le cruel destin
Eût enfermé sous un si beau tétin
Un si grand feu, pour m’en faire la proie ?

Avisez donc, quel serait le coucher
Entre ses bras, puisqu’un simple toucher
De mille morts, innocent, me froudroie.

Pierre de Ronsard

0 réponse sur “« Plût-il à Dieu n’avoir jamais tâté » de Pierre de Ronsard”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.