« Dolorosæ » de Victor Hugo

Dolorosæ

Idylle
Looking up Par koalie

Mère, voilà douze ans que notre fille est morte ;
Et depuis, moi le père et vous la femme forte,
Nous n’avons pas été, Dieu le sait, un seul jour
Sans parfumer son nom de prière et d’amour.
Nous avons pris la sombre et charmante habitude
De voir son ombre vivre en notre solitude,
De la sentir passer et de l’entendre errer,
Et nous sommes restés à genoux à pleurer. Continuer la lecture de « « Dolorosæ » de Victor Hugo »

« Chanson d’une dame dans l’ombre » de Paul Celan

« Chanson d’une dame dans l’ombre »

Femme dans l'ombre
mée perdu dans le noir par Arnaud D.

Quand vient la Silencieuse et coupe la tête des tulipes :
Qui gagne ?
Qui perd ?
Qui s’avance vers la fenêtre ?
Qui nomme en premier son nom ?
Il en est un, qui porte mes cheveux
Il les porte comme on porte les morts à bout de bras.
Il les porte comme le ciel portait mes cheveux dans l’année, celle où j’aimais
Ainsi il les portait par vanité
Celui-là gagne.
Celui-là ne perd pas.
Celui-là ne s’avance pas vers la fenêtre
Celui-là ne nomme pas son nom.
Il en est un, qui a mes yeux. Continuer la lecture de « « Chanson d’une dame dans l’ombre » de Paul Celan »

« Une nuit à Bruxelles » de Victor Hugo

Une nuit à Bruxelles

Reflets Royaux
Reflets Royaux, par Marc Dupuy

Aux petits incidents il faut s’habituer.
Hier on est venu chez moi pour me tuer.
Mon tort dans ce pays c’est de croire aux asiles.
On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles
S’est rué tout à coup la nuit sur ma maison.
Les arbres de la place en eurent le frisson,
Mais pas un habitant ne bougea. L’escalade
Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade.
Je conviens que j’avais pour elle un peu d’effroi.  Continuer la lecture de « « Une nuit à Bruxelles » de Victor Hugo »

« Vers Lesbos » de Renée Vivien

Vers Lesbos

Lesbiennes
Lesbian & Gay Pride (192) – 25Jun11, Paris (France) Par philippe leroyer

Tu viendras, les yeux pleins du soir et de l’hier…
Et ce sera par un beau couchant sur la mer.

Frêle comme un berceau posé sur les flots lisses,
Notre barques sera pleine d’ambre et d’épices.

Les vents s’inclineront, soumis à mon vouloir.
Je te dirai : « La mer nous appartient, ce soir. »

Tes doigts ressembleront aux longs doigts des noyées.
Nous irons au hasard, les voiles déployées.

Levant tes yeux surpris, tu me demanderas :
« Dans quel lit inconnu dormirai-je en tes bras ? » Continuer la lecture de « « Vers Lesbos » de Renée Vivien »