« Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres… » de Paul Éluard

Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres…

Extrait de Capitale de la Douleur

[singlepic id=148 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres.
Nos silences, nos paroles.
La lumière qui s’en va, la lumière qui revient.
Un seul sourire pour nous deux. Pas besoin de savoir.
J’ai vu la nuit créer le jour sans que nous changions d’apparence.
O bien aimée de tous, bien aimée d’un seul, en silence ta bouche a promis d’être heureuse.
De loin en loin dit la haine, de proche en proche dit l’amour.
Par la caresse nous sortons de notre enfance.
Je vois de mieux en mieux la forme humaine, comme un dialogue d’amoureux.
Le coeur n’a qu’une seule bouche.
Toutes les choses au hasard, tous les mots dits sans y penser.
Les sentiments à la dérive.
Les hommes tournent dans la ville.
Le regard, la parole et le fait que je t’aime, tout est en mouvement.
Il suffit d’avancer pour vivre, d’aller droit devant soi vers tous ceux que l’on aime.
J’allais vers toi. J’allais sans fin vers la lumière.
Si tu souris, c’est pour mieux m’envahir.
Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard.

Paul Éluard

Capitale de la Douleur
Crédit Photo : Everlast Par Toni Blay

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