« Étreinte » par Aelys Aalai

Étreinte

Je sens encore ta main posée sur mon visage
Tes doigts glissent sur ma peau dans une caresse sage
Je n’ai plus peur de rien ; tu es là et tu veilles
Je ne te connais pas mais ton cœur m’émerveille…

Ton souffle dans mon cou est un doux frémissement
J’aime comme tu respires, écoute mon contentement
Embrasse-moi encore de ta chaste douceur
Pour un instant seulement, oublions qu’il est l’heure… Continuer la lecture de « « Étreinte » par Aelys Aalai »

« Art d'aimer » par André Chénier

Art d’aimer

Fragment II

Aimer
Aimer et être aimé Par bzhmatth

Quand l’ardente saison fait aimer les ruisseaux,
A l’heure où vers le soir, cherchant le frais des eaux,
La belle nonchalante à l’ombre se promène,
Que sa bouche entr’ouverte et que sa pure haleine
Et son sein plus ému de tendresse et de voeux
Appellent les baisers et respirent leurs feux ;
Que l’amant peut venir, et qu’il n’a plus à craindre
La raison qui mollit et commence à se plaindre ;
Que sur tout son visage, ardente et jeune fleur,
Se répand un sourire insensible et rêveur ;
Que son cou faible et lent ne soutient plus sa tête ;
Que ses yeux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Sous leur longue paupière à peine ouverte au jour,
Languissent mollement et sont noyés d’amour…

André Chénier

Poème inachevé

« Poèmes »

« La Béatrice » de Charles Baudelaire

La Béatrice

beatrice Antolini
beatrice antolini Par iroki

Dans des terrains cendreux, calcinés, sans verdure,
Comme je me plaignais un jour à la nature,
Et que de ma pensée, en vaguant au hasard,
J’aiguisais lentement sur mon coeur le poignard,
Je vis en plein midi descendre sur ma tête
Un nuage funèbre et gros d’une tempête,
Qui portait un troupeau de démons vicieux,
Semblables à des nains cruels et curieux.
A me considérer froidement ils se mirent,
Et, comme des passants sur un fou qu’ils admirent,
Je les entendis rire et chuchoter entre eux,
En échangeant maint signe et maint clignement d’yeux : Continuer la lecture de « « La Béatrice » de Charles Baudelaire »

« Ah ! ne me baisez plus, ah ! mon coeur, je me meurs » par Isaac Habert

Sara n'est pas une baigneuse

Ah ! ne me baisez plus, ah ! mon coeur, je me meurs

Instant de Bonheur
En un instant. (de bonheur) Par Bourguiboeuf

Ah ! ne me baisez plus, ah ! mon coeur, je me meurs,
Doucement je languis, doucement je me pâme,
Dessus ta lèvre molle erre et flotte mon âme
Saoule de la douceur des plus douces humeurs. Continuer la lecture de « « Ah ! ne me baisez plus, ah ! mon coeur, je me meurs » par Isaac Habert »

« Cantiques » par Émile Verhaeren

Cantiques

I

Cantique des Cantiques
« Cantique des Cantiques » par Paul Landowski Par couscouschocolat

Je voudrais posséder pour dire tes splendeurs,
Le plain-chant triomphal des vagues sur les sables,
Ou les poumons géants des vents intarissables ;

Je voudrais dominer les lourds échos grondeurs,
Qui jettent, dans la nuit des paroles étranges,
Pour les faire crier et clamer tes louanges ;

Je voudrais que la mer tout entière chantât,
Et comme un poids le monde élevât sa marée,
Pour te dire superbe et te dresser sacrée ;

Je voudrais que ton nom dans le ciel éclatât,
Comme un feu voyageur et roulât, d’astre en astre,
Avec des bruits d’orage et des heurts de désastre. Continuer la lecture de « « Cantiques » par Émile Verhaeren »

« Brûlante d'amour » par Aelys Aalai

Brûlante d’amour

Amour brûlant
Love Par franzudahhh

Sur le bûcher d’à côté
J’entends un homme hurler
Et je ne peux m’empêcher
De l’imaginer brûler
Bientôt ce sera mon tour
De sentir les flammes
S’emparer de ce corps sans âme
Je pense à lui une dernière fois
Lui à qui je dois
De me retrouver là
Et pourtant pas une seule fois
Je n’ai regretté mon choix Continuer la lecture de « « Brûlante d'amour » par Aelys Aalai »

« Art d'aimer » par André Chénier

Art d’aimer

Fragment VI

La Vieille femme
La Vieille femme, par Marc DUPUY

Si d’un mot échappé l’outrageuse rudesse
A pu blesser l’amour et sa délicatesse,
Immobile il gémit, songe à tout expier.
Sans honte, sans réserve, il faut s’humilier
Églé, tombe à genoux, bien loin de te défendre ;
Tu le verras soudain plus amoureux, plus tendre,
Courir et t’arrêter, et lui-même à genoux
Accuser en pleurant son injuste courroux. Continuer la lecture de « « Art d'aimer » par André Chénier »

« Art d'aimer » par André Chénier

Art d’aimer

Fragment III

[singlepic id=146 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Ainsi le jeune amant, seul, loin de ses délices,
S’assied sous un mélèze au bord des précipices,
Et là, revoit la lettre où, dans un doux ennui,
Sa belle amante pleure et ne vit que pour lui.
Il savoure à loisir ces lignes qu’il dévore ;
Il les lit, les relit et les relit encore,
Baise la feuille aimée et la porte à son cœur. Continuer la lecture de « « Art d'aimer » par André Chénier »