« C'est l'extase langoureuse » de Paul Verlaine

C’est l’extase langoureuse

C’est l’extase langoureuse,
C’est la fatigue amoureuse,
C’est tous les frissons des bois
Parmi l’étreinte des brises,
C’est, vers les ramures grises,
Le choeur des petites voix.

O le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l’herbe agitée expire…
Tu dirais, sous l’eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante,
C’est la nôtre, n’est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s’exhale l’humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ?

Paul Verlaine

Le Jour ni l’Heure 8161 : Gustave Courbet, 1819-1877, Le Sommeil, ou Les Deux Amies, ou Paresse et Volupté, 1851, musée du Petit Palais, Paris, dimanche 11 mars 2012, 16:50:38 par Par Renaud Camus

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