« Ballade pour la servante du cabaret » de Théodore de Banville

Clair de une

Ballade pour la servante du cabaret

Ami, partez sans émoi ; l’Amour vous suit
Pour faire fête à votre belle hôtesse.
Vous dites donc qu’on aura cette nuit
Souper au vin du Rhin, grande liesse
Et cotillon chez une poëtesse.
Que j’aime mieux dans les quartiers lointains,
Au grand soleil ouvert tous les matins,
Ce cabaret flamboyant de Montrouge
Où la servante a des yeux libertins !
Vive Margot avec sa jupe rouge !

On peut trouver là-bas, si l’on séduit
Quelque farouche et svelte enchanteresse,
Un doux baiser pris et donné sans bruit,
Même, au besoin, un soupçon de caresse ;
Mais, voyez-vous, Margot est ma déesse.
J’ai tant chéri ses regards enfantins,
Et les boutons de rose si mutins
Qu’on voit fleurir dans son corset qui bouge !
Sa lèvre est folle et ses cheveux châtains :
Vive Margot avec sa jupe rouge !

J’ai quelquefois grimpé dans son réduit
Où le vieux mur a vu mainte prouesse.
Elle est si rose et si fraîche au déduit,
Quand rien ne gêne en leur rude allégresse
Son noble sang et sa verte jeunesse !
Le lys tremblant, la neige et les satins
Ne brillent pas plus que les blancs tétins
Et que les bras de cette belle gouge.
Pour égayer l’ivresse et les festins,
Vive Margot avec sa jupe rouge !
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« Gordes, que Du Bellay aime plus que ses yeux » de Joachim du Bellay

Ses Yeux

Gordes, que Du Bellay aime plus que ses yeux

Ses Yeux
L’ENCRE DE SES YEUX … Par gmayster01 on & off …

Gordes, que Du Bellay aime plus que ses yeux,
Vois comme la nature, ainsi que du visage,
Nous a faits différents de moeurs et de courage,
Et ce qui plaît à l’un, à l’autre est odieux.

Tu dis : je ne puis voir un sot audacieux
Qui un moindre que lui brave à son avantage,
Qui s’écoute parler, qui farde son langage,
Et fait croire de lui qu’il est mignon des dieux.

Je suis tout au contraire, et ma raison est telle :
Celui dont la douleur courtoisement m’appelle,
Me fait outre mon gré courtisan devenir :

Mais de tel entretien le brave me dispense :
Car n’étant obligé vers lui de récompense,
Je le laisse tout seul lui-même entretenir.

Joachim du Bellay

Les Regrets

Fille de la mer ( extrait , chanson , fafa de belem / amazonie )

Fille de la mer ( extrait , chanson , fafa de belem / amazonie )

je suis fille de la mer

lumière du jour

vêtue de chair et de poésie

je me rappelle la mer

les baisers sur la plage

quand je me suis donnée

mon pêcheur

habite dans les sables

et il est fils d ‘ une sirène

il m ‘ a fait l ‘ amour

et a fabriqué

pour me pêcher

une ligne plus pure

que celle de l ‘ horizon

« Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia

Livre en cœur

Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard

Jadis plus d’un amant, aux jardins de Bourgueil,
A gravé plus d’un nom dans l’écorce qu’il ouvre,
Et plus d’un coeur, sous l’or des hauts plafonds du Louvre,
A l’éclair d’un sourire a tressailli d’orgueil.

Qu’importe ? Rien n’a dit leur ivresse ou leur deuil.
Ils gisent tout entiers entre quatre ais de rouvre
Et nul n’a disputé, sous l’herbe qui les couvre,
Leur inerte poussière à l’oubli du cercueil. Continuer la lecture de « « Sur le Livre des Amours de Pierre de Ronsard » de José-Maria de Heredia »

« À Cupidon » de Pierre de Ronsard

A Cupidon

[singlepic id=15 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Le jour pousse la nuit,
Et la nuit sombre
Pousse le jour qui luit
D’une obscure ombre.

L’Autonne suit l’Esté,
Et l’aspre rage
Des vents n’a point esté
Apres l’orage.

Mais la fièvre d’amours
Qui me tourmente,
Demeure en moy tousjours,
Et ne s’alente.

Ce n’estoit pas moy, Dieu,
Qu’il falloit poindre,
Ta fleche en autre lieu
Se devoit joindre.

Poursuy les paresseux
Et les amuse,
Mais non pas moy, ne ceux
Qu’aime la Muse. Continuer la lecture de « « À Cupidon » de Pierre de Ronsard »