« Amour, si de tout temps tu m'as trouvé fidèle » de Jean Godard

Amour, si de tout temps tu m’as trouvé fidèle

[singlepic id=102 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Amour, si de tout temps tu m’as trouvé fidèle,
Amour, si de tout temps je t’ai tant révéré,
Amour, si pour jamais et tant que je pourrai,
Je serai ton soudard targué de ta rondelle,

Madame fais-moi voir, fais que j’approche d’elle
A mon aise et plaisir, ce que j’ai désiré
Depuis jà tant de jours, sans que m’ait éclairé
A mon aise et souhait sa jumelle chandelle.

Change-moi pour le moins, ô petit dieu d’Amour,
En carquan pour baiser son col tout à l’entour,
En manchon pour couvrir sa main blanche et marbrine,

En un linge ouvragé pour toucher son tétin,
En chemise pour être auprès de sa poitrine,
Ou tout au pis aller que je sois son patin.

Jean Godard

Crédit Photo : paisatge IV par Par eric arnau

« Amour, adieu… » de Pierre de Brach

Amour, adieu…

Amour, adieu, je prends congé de toi
Amour, adieu, je m’en vais, je te laisse,
Je ne veux plus aimer cette maîtresse
Qui m’a tenu si longtemps en émoi.

Je ne veux plus la voir rire de moi,
S’éjouissant de me voir en tristesse.
Ni son bel oeil, qui m’oeillade sans cesse,
Ni de sa bouche une parjure foi,

Ni sa beauté, de moi tant admirée,
Ni de ses yeux une flèche tirée,
Ne me vaincront pour me rendre encor sien. Continuer la lecture de « « Amour, adieu… » de Pierre de Brach »

« Stances de Madame, sœur du Roi » de Catherine de Bourbon

Stances de Madame, sœur du Roi

[singlepic id=102 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Pardonne-moi, Seigneur, tout saint, tout débonnaire,
Si j’ai par trop cédé à de mondains appâts.
Hélas ! je fais le mal, lequel je ne veux pas
Et ne fais pas le bien que je désire faire.

Mon esprit trop bouillant, guidé par ma jeunesse,
S’est laissé emporter après la vanité,
Au lieu de s’élever vers ta Divinité
Et admirer les faits de ta grande sagesse.

Ma langue qui devait publier ta puissance
Et l’honneur que de toi, je reçois tous les jours,
Est bègue quand il faut entrer en ces discours
Et prompte et babillarde après la médisance.

Mon oreille, Seigneur, n’est-elle pas coupable,
Qui devait écouter ta sainte vérité
Et y prendre plaisir : ingrate elle a été,
Sourde à ouïr ta voix et ouverte à la fable.

Que dirai-je, mon Dieu, de mes yeux infidèles,
Qui au lieu de jeter leur regard vers les cieux
D’où leur vient le salut, aveuglés aiment mieux
Les arrêter ici sur des beautés mortelles. Continuer la lecture de « « Stances de Madame, sœur du Roi » de Catherine de Bourbon »

« Une nuit d'août toute noire » de Francis Bury

Une nuit d’août toute noire

Nuit d'août toute noire
DemiLune Par dmachillot

Il fait déjà nuit, une nuit d’août toute noire,
Comme l’encre du stylo qui a écrit sa vie ;
Ce n’est pas la joie, la pauvre, elle n’est qu’en survie.
Au carreau de la fenêtre de sa chambre noire,

La tête appuyée contre la vitre, elle pleure ;
Les larmes mouillent ses joues, brillent comme des diamants
Coulent, à présent, le long des carreaux luisants ;
Son amoureux, quel bonheur, à présent quel malheur

S’est tué pour le plaisir… faire de la moto !
Tout s’écroule autour d’elle, tant de projets rayés.
Nuit étoilée, le destin a tout balayé.
Le bonheur et le malheur c’est comme au loto !

Voilà, le jour vaporeux se lève à présent.
La tête appuyée contre la vitre, elle pleure
Toujours son cœur labouré se déchire. Et meurt
L’amour que son amour lui avait fait présent.

Et, la vie, sans lui, ne sera plus comme avant !
Elle sera comme cette nuit d’août toute noire ;
Le bonheur éternel n’est-il pas illusoire ?
La mort n’est pas pour le monde des vivants !

Francis Bury

Verdun sur Garonne le 28 juillet 2010

« Toucher pour garder. » par Axelle Adamsky

Toucher pour garder.

[singlepic id=103 w=294 h=320 mode=web20 float=right]Je suis dans un cauchemar,
Plus l’envie me vient, plus je veux du noir,
J’ai l’espoir de toujours plus en vouloir,
De mes mains, en avoir,
La sensation, que les ondes de ta voix me traversent,
Que mes parois me disent que ce n’est guère l’ivresse,
Je veux que le retour apparaisse,
Je veux avoir réussi,
Je veux me perdre dans le déni,
Je veux avoir joui,
Tu nourris mes fantasmes, Continuer la lecture de « « Toucher pour garder. » par Axelle Adamsky »

« Mourir pour vivre » par Carla CARLA

Mourir pour vivre

Dans un bosquet feuillu elle s’était couchée
Pour dormir et rêver sous l’astre de la nuit.
Elle se sentait si bien quand elle pensait à lui
Plus de moralité, plus de pensée cachée.

Elle avait trop souffert de cette différence,
Rempart impossible qui fut dressé entre eux
Par le monde cruel qui tue les amoureux
Sans aucun jugement ne laissant nulle chance.

Il était son amour elle était prisonnière
De son regard si doux qui était puits sans fond
Où elle se perdait quand son corps comme un don
S’offrait aux caresses que l’on a mises en bière. Continuer la lecture de « « Mourir pour vivre » par Carla CARLA »

« Les Vous et les Tu » de Voltaire

Les Vous et les Tu

[singlepic id=68 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Philis, qu’est devenu ce temps
Où, dans un fiacre promenée,
Sans laquais, sans ajustements,
De tes grâces seules ornée,
Contente d’un mauvais soupé
Que tu changeais en ambroisie,
Tu te livrais, dans ta folie,
A l’amant heureux et trompé
Qui t’avait consacré sa vie ?
Le ciel ne te donnait alors,
Pour tout rang et pour tous trésors,
Que les agréments de ton âge,
Un coeur tendre, un esprit volage,
Un sein d’albâtre, et de beaux yeux.
Avec tant d’attraits précieux,
Hélas ! qui n’eût été friponne ?
Tu le fus, objet gracieux !
Et (que l’Amour me le pardonne !)
Tu sais que je t’en aimais mieux. Continuer la lecture de « « Les Vous et les Tu » de Voltaire »