« Départ pour le sabbat » d'Aloysius Bertrand

Départ pour le sabbat

Extrait

Elle se leva la nuict, et allumant de la chandelle, print une bouëtte et s’oignit, puis avec quelques paroles, elle fut transportée au Sabbat.
Ils étaient là une douzaine qui mangeaient la soupe à la bière, et chacun d’eux avait pour cuillère l’os de l’avant-bras d’un mort.
La cheminée était rouge de braise, les chandelles champignonnaient dans la fumée, et les assiettes exhalaient une odeur de fosse au printemps.
Et lorsque Maribas riait ou pleurait, on entendait comme geindre un archet sur les trois cordes d’un violon démantibulé.
Cependant le soudard étala diaboliquement sur la table, à la lueur du suif, un grimoire où vint s’abattre une mouche grillée.
Cette mouche bourdonnait encore lorsque de son ventre énorme et velu une araignée escalada les bords du magique volume.
Mais déjà sorciers et sorcières s’étaient envolés par la cheminée, à califourchon qui sur le balais, qui sur les pincettes, et Maribas sur la queue de la poêle.

Aloysius Bertrand
« Gaspard de la nuit »

Départ pour le Sabbat
umbará, curitiba Par Mathieu Struck

Mais déjà sorciers et sorcières s’étaient envolés par la cheminée, à califourchon qui sur le balais, qui sur les pincettes, et Maribas sur la queue de la poêle. Mais déjà sorciers et sorcières s’étaient envolés par la cheminée, à califourchon qui sur le balais, qui sur les pincettes, et Maribas sur la queue de la poêle.

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