« Mœurs » de Jules Laforgue

Mœurs

Ô virtuosités à deux et, vrai ! si seules,
Êtes-vous bien la clef des havres de l’Oubli?
Ou nous faut-il tourner à mort la grise meule
Des froments pour l’Hostie à qui Dieu fait la gueule
En coeur? Errer jusqu’à l’octroi des Ramollis ?…

Donc, aux abois, du fond des raides léthargies,
Sous ces yeux bovins, morts en pièces de cent sous,
L’âme alitée absout l’heure et se réfugie,
De bonne foi, dans des passés dont la vigie
Ne croit plus d’ailleurs aux « Sœur Anne, où
êtes-vous ? »

Le bien-être des sens d’un cœur frais par lui-même
N’était pas fait pour nous, voilà le vrai du vrai.
Qui sait pourtant si quelque étourdissant je t’aime
N’eût pas redrapé net nos langes de baptême !
Nous n’attendions que ça ; ce n’est pas un secret.

Rentrez, petits Hamlets, dans les bercails licites ; Poussez, du bout de l’escarpin verni vainqueur,
Ces heures ; circulez, ayez l’air en visite,
Voyez âme qui vive, exultez ! Tout haut, dites
Sursum corda ! et tout bas : Ah ! oui, haut-le-cour !

Jules Laforgue
« Premiers poèmes »

Moeurs
De l’attention Franciscaine, par Marc DUPUY

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