« Ce masque, qui celait tantôt votre beauté » de Pierre Motin

Ce masque, qui celait tantôt votre beauté

À Mademoiselle Madeleine Mareschal

Ce masque, qui celait tantôt votre beauté,
Semble à l’obscurité de la nuit effroyable :
Elle cache au soleil sa clarté désirable,
Lui cache de vos yeux la divine clarté.

Ô masque, fallait-il que ton obscurité
Recelât de ses yeux la puissance admirable !
Je pensai voir reluire une aurore agréable
Aussitôt que sa main de son front l’eût ôté.

Son beau teint, composé d’un monceau de fleurettes,
Ses beaux yeux enchanteurs, hôtes des amourettes,
Me firent aussitôt oublier la rigueur

Et l’orgueilleux dédain d’une fille volage
Qui ne porte jamais de masque à son visage,
Mais, toujours inconstante, elle en porte à son cœur.

Pierre Motin

Masque de Beauté
Suzy au masque

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  1. J’ai rêvé que j’allais au Pays de Beauté.
    Tout le monde était beau, c’en était effroyable ;
    Tout en circulant dans ce monde peu croyable,
    J’étais aveuglé par d’innombrables clartés.

    La nuit ne faisait point, là-bas, l’obscurité ;
    Mille feux provenaient de source admirables.
    Même si, au début, c’était bien agréable,
    L’esprit finissait par s’en trouver agité.

    Mieux qu’un riche bouquet me plaît l’humble fleurette,
    Mieux qu’un violent désir, la paisible amourette ;
    Le sublime est, pour moi, trop empreint de rigueur.

    Quand du rêve se fut dissipé le nuage,
    Je souris de revoir d’ordinaires visages,
    Me disant en moi-même : « Ils ont vraiment du coeur ».

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