Réponse de Claude Bectone à Bonaventure des Périers

Réponse à « Chanson » de Bonaventure des Périers

Si chose aimée est toujours belle,
Si la beauté est éternelle,
Dont le désir n’est à blâmer,
On ne saurait que bien aimer.

Si le coeur humain qui désire
En choisissant n’a l’œil au pire,
Quand le meilleur sait estimer,
On ne saurait que bien aimer.

Si l’estimer naît de prudence,
Laquelle connaît l’indigence,
Qui fait l’amour plaindre et pâmer,
On ne saurait que bien aimer.

Si le bien est chose plaisante,
Si le bien est chose duisante*,
Si au bien se faut conformer,
On ne saurait que bien aimer.

Bref, puisque la bonté bénigne
De la sapience divine
Se fait charité surnommer,
On ne saurait que bien aimer.

Claude Bectone

 

(*) convenable

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