« Au rendez vous des amis » d'André Laude

Au rendez vous des amis

 À Madame David

Spleen de Sybille Rembard
Les amoureux (Blues d’Incomplétude) Par Louis Engival

Dans le café surréaliste
où la chevelure de Bérénice
s’accroche aux hanches des garçons

Parlent sans s’écouter vraiment
tant ils ont bu
Dante et Fernando Pessoa

Epaules tassées, j’entends
Moi l’obscur employé
du ministère du néant
amateur fiévreux d’ouzo et de vin de Porto

Dans le café surréaliste
J’attends les couteaux, le sang
Les bourgeoises excitées
Les vieilles putains sans dents

Les perdants
qui jouent leur suicide aux dés

Dans le café surréaliste
aux ors fins comme des lames
d’où l’on ne sort jamais
Même pas au bras d’une
belle, énigmatique, riche femme

Dans le café surréaliste,
Je vois des stars des madones des artistes
Des tueurs au regard fixe
Des jeunes femmes tristes.

Un étrange poison coule le long de leurs veines
qu’on nomme Passion
Nées toutes sous le signe du Poisson
Elles traversent les flammes et les miroirs

Elles sont les adorables, dérivantes robes du soir
leurs épaules écorchent mes lèvres.
Dans la forêt des chairs calcinées
J’écoute les échos d’écorce.

Dans le café surréaliste
les poupées mélancoliques de Patrick dansent
un étrange mélancolique tango
de Buenos Aires

Dans le quartier chaud
des poussières
les hommes n’ont plus que la peau
et les os

Amers
sont les oiseaux
de fer
dans les jardins des supplices
Mais
les femmes s’avancent jardins des délices

André Laude

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