Poème de Jean Orizet

Sourire
Sourire

Hier, ton rire sonnait clair
je le buvais comme un vin jeune.
Maintenant, davantage livrée,
tu souris presque gravement
de tes yeux à demi fermés

et c’est au fond de ma poitrine
qu’une explosion les rouvre.

La beauté calme de ton visage
me foudroie.

Jean Orizet

« L'Amour plein de fausseté… » de Marcabrun

L’Amour plein de fausseté…

Miserere Par Jean Lemoine
Miserere Par Jean Lemoine

L’Amour, plein de fausseté,
Prend le miel, laisse la cire,
Et pèle pour lui la poire.
Ecoutez !
Pour qu’il soit doux comme lyre
Il suffit de le couper.

Bien fait pacte avec le Diable,
Qui fraye avec fausse-Amour,
Verge il donne pour le battre.
Ecoutez !
Tel sans rien sentir se gratte
Qui enfin s’écorche vif.

L’amour est de sale race ;
Sans glaive il tua mille hommes.
Je ne sais plus grand sorcier :
Ecoutez !
Du plus sage il fait un fol
Dés qu’il le tient dans ses rêts .

Il ressemble à la cavale
Qui tout le jour vous emporte
Sans vous donner nulle trêve.
Ecoutez !
Et vous traîne sur des lieues
Sans souci de votre faim .

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« Requête » de Marc Dupuy

Requête

Envoie-moi un cheveu de toi
Long comme ça.
Comme une corde.

Envoie-moi un rêve de toi
Ce que tu rêves de moi
Le dernier cri de plaisir et un cristal de sueur.

Viens. Toute.

La nuit je dors sur tes lettres
J’y dors comme sur des nuages déchiquetés.
Tout vient du cerveau.

Envoie-moi une vieille dent, une demi-oreille,
Tout ce que tu possèdes.
Et envoie-moi un bonjour
Comme adressé dans un baiser.

Ton odeur, j’aimerais pleurer autrement.

Renvoie-moi un petit quelque chose de moi
J’en ai besoin pour t’aimer.

Marc Dupuy

Requête
St-Pascal-Baylon, Quebec City Par colros

« Écris ton Nom » de Marc Dupuy

La Fille de l'air
La Chine en mouvement : chemin champêtre Par bertrand môgendre

Écris ton nom à côté du mien.

C’est lisible. C’est simple :
Nous ne sommes pas un couple d’amoureux.

Bientôt nous partirons et chanterons,
Légèrement appuyés l’un sur l’autre…

Je ne dirais plus rien, après.
Tu diras en cet instant,
Nous sommes ensemble en terre étrangère.

Ceci est l’endroit où je me tiens et attends.

Ce qui viendra, cela ne compte pas.

Nous buvions et nous parlions
Jusqu’à chanter : entends-tu encore ?

From silent night. Vous me tuez si doucement.

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« Au rendez vous des amis » d'André Laude

Au rendez vous des amis

 À Madame David

Spleen de Sybille Rembard
Les amoureux (Blues d’Incomplétude) Par Louis Engival

Dans le café surréaliste
où la chevelure de Bérénice
s’accroche aux hanches des garçons

Parlent sans s’écouter vraiment
tant ils ont bu
Dante et Fernando Pessoa

Epaules tassées, j’entends
Moi l’obscur employé
du ministère du néant
amateur fiévreux d’ouzo et de vin de Porto

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L'Amour Selon William Shakespeare

« Misérable est l’Amour qui se laisse mesurer. »

« L’amour contient tout juste ce qu’il faut pour l’éteindre. »

 

« Doutez que les étoiles ne soient de flamme Doutez que le soleil n’accomplisse son tour Doutez que la vérité soit menteuse infâme Mais ne doutez jamais de mon amour. »

 

William Shakespeare

Je n'avais qu'un seul mot à lui dire...
Je n’avais qu’un seul mot à lui dire… Par mkorchia

« Accords » de Max Alhau

Accords

Plaisir des sens
Plaisir des sens Par Belleingenue

Ton corps poème de la terre et de l’eau
écriture du désir jamais achevé
alors que la page se consume entre tes doigts.

Ton corps
s’il demeure
c’est dans la transparence
au plus clair du jour
avivant la soif des rivières.

Pays tant de fois abordé
terre si souvent ensemencée,
tel est ce corps
plage soyeuse
où la pluie
et le feu
se marient.

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« Séparation » de Tristan Derème

Séparation

Séparation
Separation between Earth and Sky Par Ikhlasul Amal

J’avais toujours rêvé d’éternelles amours.
Les nôtres ont duré trois mois et quatre jours.
C’est beaucoup. J’aurais pu ne jamais te connaître.
Ainsi tournons la page et fermons la fenêtre
Ouverte sur la plaine immense du bonheur.
Ce soir, nous passerons chez le camionneur.

Pourquoi chausser ici le tragique cothurne
Et blasphémer l’azur d’une bouche nocturne ?
Quittons-nous sans soupirs, sans larmes, sans discours.
Terre ! Nous achevons un voyage au long cours.
Débarquons ! Tu t’en vas. Je m’en vais. Il faut rire
Et ne prendre pas l’air de goujons mis à frire.

Et, tout bas, je sanglote en te parlant ainsi,
Et tu baisses la tête et tu pleures aussi.

Tristan Derème

« La Verdure Dorée »