« Chanson » de Pierre Corneille

Chanson

Si je perds bien des maîtresses,
J’en fais encor plus souvent,
Et mes vœux et mes promesses
Ne sont que feintes caresses,
Et mes vœux et mes promesses
Ne sont jamais que du vent.

Quand je vois un beau visage,
Soudain je me fais de feu,
Mais longtemps lui faire hommage,
Ce n’est pas bien mon usage,
Mais longtemps lui faire hommage,
Ce n’est pas bien là mon jeu.

J’entre bien en complaisance
Tant que dure une heure ou deux,
Mais en perdant sa présence
Adieu toute souvenance,
Mais en perdant sa présence
Adieu soudain tous mes feux

Plus inconstant que la lune
Je ne veux plus jamais d’arrêt ;
La blonde comme la burne
En moins de rien m’importune,
La blonde comme la brune
En moins rien ne me déplaît.

Pierre Corneille

Maitresse
071 Par lisbokt

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