« Stances » – Antoinette Deshoulières

Stances

Rupture
(tristesse) Par hugo b♪rth♪→photostream

Agréables transports qu’un tendre amour inspire,
Désirs impatients, qu’êtes-vous devenus ?
Dans le cœur du berger pour qui le mien soupire
Je vous cherche, je vous désire,
Et je ne vous retrouve plus.

Son rival est absent, et la nuit qui s’avance
Pour la troisième fois a triomphé du jour,
Sans qu’il ait profité de cette heureuse absence ;
Avec si peu d’impatience,
Hélas! on a guère d’amour.

Il ne sent plus pour moi ce qu’on sent quand on aime ;
L’infidèle a passé sous de nouvelles lois.
Il me dit bien encor que son mal est extrême ;
Mais il ne le dit plus de même
Qu’il me le disait autrefois.

Revenez dans mon cœur, paisible indifférence
Que l’amour a changée en de cuisants soucis.
Je ne reconnais plus sa fatale puissance ;
Et, grâce à tant de négligence,
Je ne veux plus aimer Tircis.

Je ne veux plus l’aimer ! Ah ! discours téméraire !
Voudrais-je éteindre un feu qui fait tout mon bonheur ?
Amour, redonnez-lui le dessein de me plaire :
Mais, quoi que l’ingrat puisse faire,
Ne sortez jamais de mon cœur.

Antoinette Deshoulières

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