« La Loreley » – Guillaume Apollinaire

La Loreley

À Bacharach il y avait une sorcière blonde
Qui laissait mourir d’amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l’évêque la fit citer
D’avance il l’absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries
De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits
Ceux qui m’ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries
Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes ô belle Loreley
Qu’un autre te condamne tu m’as ensorcelé

Évêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge
Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège

Mon amant est parti pour un pays lointain
Faites-moi donc mourir puisque je n’aime rien

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« Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés » de Louise Labé

Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés

Ô beaux yeux bruns, ô regards détournés
Ô chauds soupirs, ô larmes épandues,
Ô noires nuits vainement attendues
Ô jours luisants vainement retournés !

Ô tristes plaints, ô désirs obstinés,
Ô temps perdu, ô peines dépendues,
Ô mille morts en mille rets tendues,
Ô pires maux contre moi destinés !

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« Stances » de Claude Binet

Stances

Stance
Bucking Mad Par Mr. Physics

Baisons-nous, belle, mon souci,
Et surpassons la Coulombelle ;
Comme elle trémousse de l’aile,
Tremoussons de nos bras ainsi.

Comme elle poursuit un baiser
Du bec que souvent elle darde,
Notre langue, ainsi fretillarde,
Puisse nos flammes apaiser.

Comme d’un œil à demi clos,
L’aise de son plaisir avance,
Ainsi, pour semblable espérance,
Par l’œil rendez l’amour éclos.

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« Il n'y a pas d'amour heureux » – Louis Aragon

Il n’y a pas d’amour heureux

Il n'y a pas d'amour heureux
« Lovers », par Nad Renrel

Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n’y a pas d’amour heureux

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu’on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu’on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
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« Stances » – Antoinette Deshoulières

Stances

Rupture
(tristesse) Par hugo b♪rth♪→photostream

Agréables transports qu’un tendre amour inspire,
Désirs impatients, qu’êtes-vous devenus ?
Dans le cœur du berger pour qui le mien soupire
Je vous cherche, je vous désire,
Et je ne vous retrouve plus.

Son rival est absent, et la nuit qui s’avance
Pour la troisième fois a triomphé du jour,
Sans qu’il ait profité de cette heureuse absence ;
Avec si peu d’impatience,
Hélas! on a guère d’amour.

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« Stances Galantes » – Molière

Stances Galantes

[singlepic id=132 w=320 h=240 float=right]Souffrez qu’Amour cette nuit vous réveille ;
Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;
Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c’est dormir que de ne point aimer.

Ne craignez rien ; dans l’amoureux empire
Le mal n’est pas si grand que l’on le fait
Et, lorsqu’on aime et que le cœur soupire,
Son propre mal souvent le satisfait.

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« La mort, l'amour, la vie » – Paul Éluard

La Mort, l’Amour, la Vie

La Mort, l'Amour, la vie
L’Amour, La Mort Par RL Johnson

J’ai cru pouvoir briser la profondeur de l’immensité
Par mon chagrin tout nu sans contact sans écho
Je me suis étendu dans ma prison aux portes vierges
Comme un mort raisonnable qui a su mourir
Un mort non couronné sinon de son néant
Je me suis étendu sur les vagues absurdes
Du poison absorbé par amour de la cendre
La solitude m’a semblé plus vive que le sang Continuer la lecture de « « La mort, l'amour, la vie » – Paul Éluard »