Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard

Samedi – trois heures du matin.

[singlepic id=113 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s’épanouissent comme tu es reine dans mon cœur. Continuer la lecture de « Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard »

« Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux » de Joachim du Bellay

Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux

Les amoureux...
Les amoureux… Par CedEm photographies

Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux,
Je n’escris de beauté, n’ayant belle maistresse,
Je n’escris de douceur, n’esprouvant que rudesse,
Je n’escris de plaisir, me trouvant douloureux ; Continuer la lecture de « « Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux » de Joachim du Bellay »

« Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront » – Joachim du Bellay

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront

Tour de Gent
Cache-cache (Hide-and-seek) Par Gilderic Photography

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront,
Ceux qui aiment l’honneur, chanteront de la gloire,
Ceux qui sont près du roi, publieront sa victoire,
Ceux qui sont courtisans, leurs faveurs vanteront, Continuer la lecture de « « Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront » – Joachim du Bellay »

« La Négresse » – Stéphane Mallarmé

La Négresse

[singlepic id=131 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leurs robe trouvée,
Cette goinfre s’apprête à de rusés travaux :

À son ventre compare heureuse deux tétines
Et, si haut que se main ne le saura saisir.
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir. Continuer la lecture de « « La Négresse » – Stéphane Mallarmé »

« Vénus Anadyomène » – Arthur Rimbaud

Vénus Anadyomène

Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

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« Ode à Cassandre » de Pierre de Ronsard

Ode à Cassandre

En vous donnant ce pourtraict mien
Dame, je ne vous donne rien
Car tout le bien qui estoit nostre
Amour dès le jour le fit vostre
Que vous me fistes prisonnier,
Mais tout ainsi qu’un jardinier
Envoye des presens au maistre
De son jardin loüé, pour estre
Toujours la grace desservant
De l’heritier, qu’il va servant
Ainsi tous mes presens j’adresse
A vous Cassandre ma maistresse,
Corne à mon tout, et maintenant
Mon portrait je vous vois donnant :
Car la chose est bien raisonnable
Que la peinture ressemblable,
Au cors qui languist en souci
Pour vostre amour, soit vostre aussi.
Mais voyez come elle me semble
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