« Les Yeux d'Elsa » – Louis Aragon

Les Yeux d’Elsa

Ses Yeux
L’ENCRE DE SES YEUX … Par gmayster01 on & off …

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

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Première Lettre de Saint-Paul aux Corinthiens

Quand je parlerais les langues des hommes et des Anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Continuer la lecture de « Première Lettre de Saint-Paul aux Corinthiens »

« Ophélie » – Arthur Rimbaud

Ophélie

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I

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un frisson d’aile :
– Un chant mystérieux tombe des astres d’or. Continuer la lecture de « « Ophélie » – Arthur Rimbaud »

Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard

Samedi – trois heures du matin.

[singlepic id=113 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s’épanouissent comme tu es reine dans mon cœur. Continuer la lecture de « Lettre de Victor Hugo à Léonie Biard »

« Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux » de Joachim du Bellay

Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux

Les amoureux...
Les amoureux… Par CedEm photographies

Je n’escris point d’amour, n’estant point amoureux,
Je n’escris de beauté, n’ayant belle maistresse,
Je n’escris de douceur, n’esprouvant que rudesse,
Je n’escris de plaisir, me trouvant douloureux ; Continuer la lecture de « « Je n'escris point d'amour, n'estant point amoureux » de Joachim du Bellay »

« Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront » – Joachim du Bellay

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront

Tour de Gent
Cache-cache (Hide-and-seek) Par Gilderic Photography

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront,
Ceux qui aiment l’honneur, chanteront de la gloire,
Ceux qui sont près du roi, publieront sa victoire,
Ceux qui sont courtisans, leurs faveurs vanteront, Continuer la lecture de « « Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront » – Joachim du Bellay »

« La Négresse » – Stéphane Mallarmé

La Négresse

[singlepic id=131 w=320 h=240 mode=web20 float=right]Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leurs robe trouvée,
Cette goinfre s’apprête à de rusés travaux :

À son ventre compare heureuse deux tétines
Et, si haut que se main ne le saura saisir.
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir. Continuer la lecture de « « La Négresse » – Stéphane Mallarmé »