Je te veux souriant
Nous partons envers l’océan.
Nous avons réservé,
rien que pour nous deux
Une île vierge,
Où nous serions heureux,
Cocotier dansant au son du vent,
Et des oiseaux s’ajoutant à la communié dansante,
Tout en chantant la vie rentre prise ;
Où tous de nouveau trouvent refuge,
Qui est pour eux tout est fêté à l’aise.
On
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Fleur fatale
L’absurdité grandit comme une fleur fatale
Dans le terreau des sens, des cœurs et des cerveaux ;
En vain tonnent, là-bas, les prodiges nouveaux ;
Nous, nous restons croupir dans la raison natale.
Je veux marcher vers la folie et ses soleils,
Ses blancs soleils de lune au grand midi, bizarres,
Et ses échos lointains,
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Résolution
Il le faut ainsi ô Sans-être, que tu sois.
Ne détrompe pas. Ne te résous pas en boue.
Ne disparais point. Ne transparais point. Ne joue
Ni confonds jamais le seul à toi qui se voue.
Sans doute et sans fin, évoquant ta certitude,
Feignant de savoir, je frappe trois fois sur trois.
Je ris de
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Du soleil radieux la brillante splendeur
Du soleil radieux la brillante splendeur,
Et de la lune aussi la lumineuse face
Par un nuage épais, épars en l’air, s’efface,
Lorsqu’ils vont tournoyant la céleste rondeur.
L’hiver ravit aux fleurs la couleur et l’odeur,
Et en moins d’une nuit les flétrit et terrasse,
Le fruit trop avancé se passe
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Avec mes sens, avec mon cœur…
Avec mes sens, avec mon coeur et mon cerveau,
Avec mon être entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t’aime et te louange et je te remercie
D’être venue, un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes,
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Derrière les rideaux et l’épaisseur du temps
Sans toi comme les nuits sont froides mon enfant
Le sommeil et la rue sont pleins de gens d’hôtel
Qui parlent haut et brisent tout quand je t’appelle
Les chevaux de l’amour me parlent de rencontres
Qu’ils font en revenant par des chemins déserts
Une femme inconnue les arrête et les baigne
D’un regard douloureux tout chargé de forêts
Méfie-toi disent-ils sa tristesse est la nôtre
Et pour avoir aimé une telle douleur
Tu ne marcheras plus tête nue sous les branches
Sans savoir que
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Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires
Dans les années de sécheresse quand le blé
Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe
Qui écoute apeurée la grande voix du temps
Je t’attendais et tous les quais toutes les routes
Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait
Vers toi que je portais déjà sur
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Ma Créole
Pépita, ma créole,
Où vas-tu donc ce soir,
Sous ta mante espagnole,
Sous ton léger peignoir ?
Vas-tu là, sous l’ombrage,
Danser la cachucha,
Ou sous le vert feuillage
Régner en manola ?
Ce soir ton oeil de flamme
Verra plus d’un marquis
Sacrifier son âme
Pour un de tes souris.
Des voix harmonieuses
Te parleront d’amour,
Mais ces phrases menteuses
Meurent avec le
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Ne t’enorgueillis pas, courtisane rieuse,
Si, pour toutes tes soeurs ma bouche sérieuse
Te sourit aussi doucement,
Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins lente,
Ma main sur ton sein nu s’égare, si brûlante
Qu’on me prendrait pour un amant.