« Automne » par Albert Samain

« Automne » par Albert Samain

Automne

Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.

L’Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre coeur ;
Et voici que s’afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.

Le vol des guêpes d’or qui vibrait sans repos
S’est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l’enclos.

Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d’une enclume ou l’aboiement d’un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.

(suite…)

« Automne malade » de Guillaume Apollinaire

« Automne malade » de Guillaume Apollinaire

Automne malade

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé (suite…)

Poème « Fenêtres ouvertes » de Victor Hugo

Poème « Fenêtres ouvertes » de Victor Hugo

Fenêtres ouvertes

Le matin – En dormant (suite…)

« La Mort de l’aigle » par José-Maria de Heredia

« La Mort de l’aigle » par José-Maria de Heredia

La mort de l’aigle

Quand l’aigle a dépassé les neiges éternelles, 
A ses larges poumons il veut chercher plus d’air 
Et le soleil plus proche en un azur plus clair 
Pour échauffer l’éclat de ses mornes prunelles. (suite…)

« L’étreinte de la terre » par Évelyne Laurence

« L’étreinte de la terre » par Évelyne Laurence

L’étreinte de la terre

Si tu me contemples, je resplendirai
Je serai l’herbe emperlée de rosée.
Gabriela Mistral

Quand je sens ta ferveur se poser sur mes lèvres
Je suis ce paysage où palpite le ciel,
Où la vie accomplit son acte essentiel
Dans l’appel des rameaux et le flux de la sève.

Je suis cette colline amoureuse d’un lac
Jusqu’à fondre en ses eaux sa couronne d’ombrages,
Je suis la terre heureuse et chaude du rivage
Qui boit l’effervescence au baiser du ressac. (suite…)

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