Si tu t’enquiers pourquoi sur mon tombeau » de Maurice Scève

Si tu t’enquiers pourquoi sur mon tombeau
Si tu t’enquiers pourquoi sur mon tombeau
On aura mis deux éléments contraires,
Comme tu vois être le feu et l’eau
Entre éléments les deux plus adversaires :
Je t’avertis qu’ils sont très nécessaires
Pour te montrer par signes évidents
Que si en moi ont été résidents
Larmes et feu, bataille

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« Partir, c’est mourir un peu… » d’Edmond Haraucourt

Partir, c’est mourir un peu
C’est mourir à ce qu’on aime.
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu.
C’est toujours le deuil d’un vœu
Le dernier vers d’un poème…
Partir, c’est mourir un peu.
Et l’on part, et c’est un jeu
Et jusqu’à l’adieu suprême,
C’est ton âme que l’on sème,
Que l’on sème

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« L’amour et la mort » de Louise-Victorine Ackermann

L’amour et la mort
À M. Louis de Ronchaud
I
Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l’un de l’autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :
Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu’osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et

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« L’Amour à Mort » – Anonyme

L’amour à mort
Amour du Sud, tu souffles sans relâche
Sur mes assauts, doux pleurs cristallins,
Amour violent, dis-moi ce qui te fâche,
Pourquoi ces humeurs du soir au matin?
Sur mes assauts, doux pleurs cristallins,
Les arcs-en-ciel de nos amours s’effacent.
Pourquoi ces humeurs du soir au matin?
Sur ma harpe, ton cœur a laissé sa trace…
Les

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« Ballade à s’Amie » de François Villon

Ballade à s’Amie
Fausse beauté qui tant me coûte cher,
Rude en effet, hypocrite douleur,
Amour dure plus que fer à mâcher,
Nommer que puis, de ma défaçon seur1,
Cherme félon, la mort d’un pauvre coeur,
Orgueil mussé qui gens met au mourir,
Yeux sans pitié, ne veut Droit de Rigueur,
Sans empirer, un pauvre secourir ?
Mieux m’eût

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« Rondeau » de François Villon

Rondeau
Mort, j’appelle de ta rigueur,
Qui m’as ma maîtresse ravie,
Et n’es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :
Onc puis n’eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisoit-elle en vie,
Mort ?
Deux étions et n’avions qu’un cœur ;
S’il est mort, force est que dévie1,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme

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« À Fanny » d’André Chénier

« À Fanny » (III)
Fanny, l’heureux mortel qui près de toi respire
Sait, à te voir parler et rougir et sourire,
De quels hôtes divins le ciel est habité.
La grâce, la candeur, la naïve innocence
Ont, depuis ton enfance,
De tout ce qui peut plaire enrichi ta beauté.
Sur tes traits, où ton âme imprime

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« Mme de Montbazon » d’Aloysius Bertrand

Mme de Montbazon
La suivante rangea sur la table un vase de fleurs et les flambeaux de cire, dont les reflets moiraient de rouge et de jaune les rideaux de soie bleue au chevet du lit de la malade.
« Crois-tu, Mariette, qu’il viendra ? – Oh ! dormez, dormez un peu, Madame ! – Oui,

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« Péché mortel » – François Mauriac

Péché mortel
Cette après-midi lourde épouse mon attente,
Sa rumeur est le bruit d’un amour contenu,
Mais la marche du temps, désespérément lente,
Se précipitera lorsque nous serons nus.
Un siècle, j’attendrai la seconde où nos corps
Insulteront le ciel de leurs soifs confondues.
Si j’épuise une vie à guetter ta venue,
L’espace d’un baiser me donnera la

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« La Mort des Amants » – Charles Baulelaire

La Mort des Amants
Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.
Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Un soir fait

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