« Crépuscule » de Victor Hugo

Crépuscule

L’étang mystérieux, suaire aux blanches moires,
Frisonne; au fond du bois la clairière apparaît ;
Les arbres sont profonds et les branches sont noires ;
Avez-vous vu Vénus à travers la forêt ?

Avez-vous vu Vénus au sommet des collines ?
Vous qui passez dans l’ombre, êtes-vous des amants ?
Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines ;
L’herbe s’éveille et parle aux sépulcres dormants. Continuer la lecture de « « Crépuscule » de Victor Hugo »

« Une mort héroïque » de Charles Baudelaire

 Une mort héroïque

Rays
Rays Par Atli Harðarson

Fancioulle était un admirable bouffon, et presque un des amis du Prince. Mais pour les personnes vouées par état au comique, les choses sérieuses ont de fatales attractions, et, bien qu’il puisse paraître bizarre que les idées de patrie et de liberté s’emparent despotiquement du cerveau d’un histrion, un jour Fancioulle entra dans une conspiration formée par quelques gentilshommes mécontents.
Il existe partout des hommes de bien pour dénoncer au pouvoir ces individus d’humeur atrabilaire qui veulent déposer les princes et opérer, sans la consulter, le déménagement d’une société. Les seigneurs en question furent arrêtés, ainsi que Fancioulle, et voués à une mort certaine. Continuer la lecture de « « Une mort héroïque » de Charles Baudelaire »

« Mes yeux… » de François de Malherbe

Mes yeux…

Mes yeux, vous m’êtes superflus ;
Cette beauté qui m’est ravie,
Fut seule ma vue et ma vie,
Je ne vois plus, ni ne vis plus.
Qui me croit absent, il a tort,
Je ne le suis point, je suis mort.

O qu’en ce triste éloignement,
Où la nécessité me traîne,
Les dieux me témoignent de haine,
Et m’affligent indignement.
Qui me croit absent, il a tort,
Je ne le suis point, je suis mort. Continuer la lecture de « « Mes yeux… » de François de Malherbe »

« Rupture » de Beverly Abril

Rupture

Rupture
(tristesse) Par hugo b♪rth♪→photostream

Solitaire à sa fenêtre, une amante, une nuit
Déclama à son Sir, à corps et à cri
Doucement blessée, un peu lasse
Mais prise dans un élan de passion et de grâce

Ironie du sort
Appel du gouffre et de la mort
Noirceur d’une âme endeuillée
Linceul en écharpe porté

Oh! ne crois pas que je t’implore
Non, plus d’imploration, de quête ni de séduction
Elan perpétuel, cette envie d’encore
Désir d’une trêve, évincer la tension

L’empressée que je suis
N’arrêtera l’envol de Chronos
Ne me demandez pas, je ne puis
Arrêter celui d’Eros

Attachée à la vision de ces pâles souvenirs
Comment ai-je ainsi pu agir…
Je vous délie de mes troubles péchés pesants
Cet espace de douceur a attendri vos traits pourtant

Et ce désir faisant crépiter ma peau
Réponse algébrique à la somme de tous mes maux
Comment oublier ces divins instants
Où vous avez fait battre mon cœur de votre sang Continuer la lecture de « « Rupture » de Beverly Abril »