« Avant que d'adorer le ciel de vos beautés » de Marc de Papillon de Lasphrise

Avant que d’adorer le ciel de vos beautés

Requiem pour l’égo!!! :)))

Requiem for the ego!!! / Requiem pour l’égo!!! :))) Par Denis Collette…!!!

Avant que d’adorer le ciel de vos beautés,
D’un clin d’oeil triplement j’aperçus d’aventure
Votre visage, Amour, chef-d’oeuvre de Nature,
Par qui je souffre, hélas, tant d’âpres cruautés !

Vous teniez ce cristal, miroir des déités,
Qui me représenta votre sainte figure,
Et ce riche portrait, riche de la peinture
Des braves traits naïfs de vos divinités.

Si j’ai donc vu d’un coup diverse votre face,
Que peut ore espérer mon coeur qui vous pourchasse ?
Ha ! je crains que ce teint ne soit gorgonien !

Mais s’il faut que ma mort procède de ma vue,
Un nouvel Actéon je me désire bien :
Il n’est rien de si beau comme une beauté nue.

Marc de Papillon de Lasphrise

« Source de mes pleurs, arrêtez » de Christofle de Beaujeu

Source de mes pleurs, arrêtez

Source de mes pleurs, arrêtez
En ce lieu votre vite course,
Pour ouïr chanter les beautés
D’une qui est devenue Ourse,
Que les Dieux punissant ainsi
Ont mise en ce rocher ici.

Je veux aussi mon mal chanter,
Où toujours plus constant je dure,
Voulant désormais habiter
Auprès de cette roche dure,
Où ma maîtresse d’autrefois,
Pourra toujours ouïr ma voix.

Je lui disais bien que les Dieux
Puniraient sa cruauté fière ;
Ainsi la vengeance des Cieux
L’a mise ici pour forestière,
Où je veux ermite mourir,
Afin de la pouvoir servir.

Ces belles mains que j’aimais tant
Sont ores deux pattes velues,
Qui vont maint rocher éclatant,
Et maint arbre voisin des nues.
Au lieu de deux monts albatrins
Elle a vingt ou trente tétins.

Ses yeux sur tous autres beaux
Ne sont plus de l’Amour les armes,
Ce ne sont plus ces deux flambeaux
Qui m’ont tant fait verser de larmes.
Hélas ! beaux yeux, pour vos méfaits,
Vous serez ainsi à jamais !

Ce teint poli dont j’avais peur,
Que j’aimais, qui était ma crainte,
N’a plus rien de cette blancheur
Dont j’ai encore l’âme atteinte :
Ce n’est plus qu’un gros poil tanné.
Hélas ! que j’en suis étonné !

Cette bouche, embellie autour
De deux rangs de perles naïves,
N’est plus la bouche où cet Amour
Trouvait ces atteintes si vives,
Ces roses vermeilles ne sont
Comme autrefois dessus son front. Continuer la lecture de « « Source de mes pleurs, arrêtez » de Christofle de Beaujeu »

« Je me Souviens » de Cypora Sebagh

Je me Souviens

Je me souviens de soirs où, sous la lune rousse,
Dans l’étang familier, ricochaient mes cailloux,
Quand au jardin fleuri, s’écorchaient mes genoux,
Elle séchait mes pleurs, quand je suçais mon pouce.

Je me souviens, aussi, qu’en la forêt profonde,
Le chant des oisillons me paraissait si doux,
Sous les gouttes de pluie, piétinant la gadoue,
Elle attendait, transie, guettant chaque seconde.

Ô comme j’aimerais redevenir enfant !
Redevenir petite en ses bras accueillants !
Je suis devenue grande et si elle est bien vieille,

Si nos mois, nos années ont fui, impétueux,
Sans jamais retenir la course du soleil,
Je vois toujours briller tant d’amour en ses yeux.

Cypora Sebagh

N is for je me souviens
N is for je me souviens Par urbanmkr