« Aline » par Henri Cantel

Aline

Aline
Aline Campos
par Rodolfo Nunez

Aline sommeillait. Un matin, Léona,
Voyant la blonde vierge en fleur et demi-nue,
Dans ses veines sentit sa force inconnue
Courir, comme la foudre éclatant sous la nue.

Sa folle passion soudain se déchaîna ;
Elle trembla, rougit, pâlit. Ivre et farouche,
Elle enlaça sa proie, et lui ferma la bouche
D’un baiser. Lors l’enfant se dressa sur sa couche ! Continuer la lecture de « « Aline » par Henri Cantel »

« Seconde lettre d'Érosie à Juliette » par Andrea de Nerciat

Seconde lettre d’Érosie à Juliette

Je venais, chère et tendre amie, d’envoyer à la poste le premier volume de mes sottises, quand une seconde missive, adressée pour le coup directement à moi, m’a fait savoir qu’encore deux jours se passeraient sans que je visse arriver M. de Roqueval ! Ainsi soit-il !

« Qu’ai-je besoin (me suis-je dit) de me trouver, même aussitôt, en face d’un homme à qui j’ai manqué (car il faut bien en convenir, à moins de prétendre à me mettre au-dessus de toutes les idées reçues)… avec un homme, enfin, devant lequel je ferai peut-être l’enfance (à vingt ans !) de rougir, comme si j’avais lieu de craindre qu’à son arrivée il ne lise sur ma physionomie que d’avance j’ai décoré son front… Cependant, Juliette, il faudra bien qu’il soit sorcier s’il devine tout… et je le donnerais en cent… à toi-même, qui sais déjà la bonne moitié de ma galante équipée. En vérité, mon coeur, si je n’avais qu’une turpitude abominable à te raconter, je te ferais grâce du reste de mon aventure, mais quelques détails, selon moi, si bons à savoir, se mêlent à ma propre scène, que, de nouveau, je vais victimer mon amour-propre en faveur de ce goût décidé que je te connais pour toute peinture lascive.

Après m’être volontairement et bien délicieusement donnée à mon petit séducteur, un retour vers la bégueulerie eût été quelque chose de fort ridicule ; l’éprouver ne m’était pas possible ; le feindre ?… à quoi, bon ! Cette plate fausseté m’aurait assez mal réussi sans doute. Heureuse, parfaitement heureuse ; pressant contre mon coeur l’être charmant avec lequel je venais de m’unir ; donnant, recevant mille et mille baisers, et tous deux inaccessibles au souvenir de notre porte pleinement ouverte, nous jasions avec l’abondance et l’ivresse du contentement absolu… Continuer la lecture de « « Seconde lettre d'Érosie à Juliette » par Andrea de Nerciat »

« Ce beau tableau » de Khalid EL Morabethi

Ce beau tableau

Coin de Tableau
Sourire en coin Par francois et fier de l’Être

Voyez-vous ce tableau ? Chaque couleur, imperméable, présente un mot banal, et chaque mot à un cœur paradoxal et chaque cœur parle facétieusement.

Voyez-Vous ce tableau ? Au fond, se trouve des quidams heureux, tout simplement heureux car la vie est une actrice et nous on est des vedettes, car la vie et une chanteuse avec une sublime voix d’ange, car la vie est une séduisante mère. J’aspire à la paix et à cette création prodigieuse.

Au fond se trouve des humains de toutes races, des Africains, des Arabes, des Américains, des Européens. Des noirs et des blancs, des musulmans, des juifs et des chrétiens, se mêlent ici sur ce tableau comme une seule famille. Quelle gracieuse joie ! Au fond ne se trouvent que des héros, des personnages forts et aucun d’entre eux n’est étreint par la peur de tomber dans l’avalanche, car c’est la fin de la guerre, des crimes, des morts, et pas de bombes nucléaires pour salir la beauté du vaste ciel bleu.

Tu sais ! Je n’aurais pas la raison de défigurer le sens de la vie. Personne n’aura le pouvoir de ne déchiqueter ce tableau, ni armée, ni soldat, ni police.

Regardez ce tableau, voyez-vous cet enfant qui trouve, le plaisir de vivre modestement.

Admirez ce tableau qui vous invite à venir.

Sentez-vous les couleurs qui se forment en un rayon du soleil.

Voyez-vous ce tableau ? Trouverez-vous-le pouvoir de rendre un rêve en une réalité ?

Khalid EL Morabethi

« Tout cela qui sent l'homme à mourir me convie » de Théodore Agrippa d’Aubigné

Tout cela qui sent l’homme à mourir me convie

L'Homme
Sans Titre Jessie par Romaneix Gosselin

… Tout cela qui sent l’homme à mourir me convie,
En ce qui est hideux je cherche mon confort :
Fuyez de moi, plaisirs, heurs, espérance et vie,
Venez, maux et malheurs et désespoir et mort !

Je cherche les déserts, les roches égarées,
Les forêts sans chemin, les chênes périssants,
Mais je hais les forêts de leurs feuilles parées,
Les séjours fréquentés, les chemins blanchissants.

Quel plaisir c’est de voir les vieilles haridelles
De qui les os mourants percent les vieilles peaux :
Je meurs des oiseaux gais volants à tire d’ailes,
Des courses de poulains et des sauts de chevreaux ! Continuer la lecture de « « Tout cela qui sent l'homme à mourir me convie » de Théodore Agrippa d’Aubigné »