« Bulles de Chaleur », poème érotique

Bulles de Chaleur..

Bulles de Chaleur
Sunset-Catch par Etolane

Je me souviens, je me rappelle,
sentir glisser mes soies dentelles,
sur mon corps irisé, nacre rosée,
me dévêtir doucement pour l’être aimé.

Les gouttes perlaient sur mon front pâle,
lorsque le pied toucha l’opale,
l’ambiance était en tendresse chaleur,
j’ai vu ton corps convoité dans les vapeurs.

Crépitements quand ta peau rencontre la mousse,
bulles d’amour, bulles de douceurs sur nos frimousses,
et nos mains indiscrètes sous les nuages blancs,
semblant cacher la braise de ce savoureux moment.

L’effluve de ton cou rapproché près de ma bouche,
se susurre, se délecte lorsque je t’éclabousse,
en un mouvement délicat tu dégages mes cheveux,
pour déposer, offre éternelle, des baisers audacieux.

Je me souviens, je me rappelle,
sentir tes contours qui m’ensorcellent,
sur mon corps irisé, nacre vermeille,
me divertir de nos monts et merveilles.

Vu sur la Passion des Poèmes.

« À ma mère » de Théodore de Banville

À ma mère

Madame Élisabeth-Zélie de Banville

Paul Eluard
[ D ] Salvador Dalí – Portrait de Paul Éluard (1929) Par Cea.
Ô ma mère, ce sont nos mères
Dont les sourires triomphants
Bercent nos premières chimères
Dans nos premiers berceaux d’enfants.

Donc reçois, comme une promesse,
Ce livre où coulent de mes vers
Tous les espoirs de ma jeunesse,
Comme l’eau des lys entr’ouverts !

Reçois ce livre, qui peut-être
Sera muet pour l’avenir,
Mais où tu verras apparaître
Le vague et lointain souvenir

De mon enfance dépensée
Dans un rêve triste ou moqueur,
Fou, car il contient ma pensée,
Chaste, car il contient mon cœur.

Théodore de Banville

« Héloïse », Nouvelle érotique

Héloïse

Héloïse
heloise par Irina Patrascu

Par un dimanche printanier, je me promenai sur les quais de la Seine. L’air doux réchauffait mon corps encore frigorifié par l’hiver finissant. Je m’éveillai aux promesses de la belle saison. Les oiseaux tentaient de couvrir le bruit des automobiles. Sur les arbres les premiers bourgeons s’ouvraient et se forgeaient un chemin vers la lumière.

Mes yeux vagabondaient sur les étals des bouquinistes. Les livres, les revues attiraient mes rêves littéraires. Je regardai et souriais devant les antiphonaires vendus comme rareté depuis tant d’années. Pièges à touristes et gogos qui achètent ces documents croyant faire la bonne affaire alors que ceux-ci étaient fabriqués quelques mois avant et vieillis pour l’occasion…

La France est un pays très spécialisé dans l’antiquité. Pas une ville, un village où prolifèrent des antiquaires, des vides greniers, des brocantes… Continuer la lecture de « « Héloïse », Nouvelle érotique »

« L'atelier du Peintre », Nouvelle érotique

L’atelier du Peintre

Atelier de Peinture
Atelier de peinture par jean luc RENAUT

Notre groupe avançait  sur le sentier balisé jaune et rouge. Nous étions partis de la gare de Saint Cloud dans la matinée avec nos sacs à dos et nos chaussures de randonnée dans un joyeux tintamarre. Pensez-donc ! Une vingtaine de randonneurs, je devrais dire de randonneuses car hormis notre guide nous étions toutes des femmes. Ça jacassait, rigolait.

Le Parc de St Cloud et sa forêt sous un soleil printanier resplendissait de lumière. La rosée matinale mouillait nos souliers et les jambes de celles qui étaient en shorts. La température réchauffait les bois et nos corps d’une tiède chaleur. L’après-midi promettait d’être chaud. Je ne croyais pas si bien dire, mais pouvais-je savoir ?

J’étais vêtu d’un pantalon court qui laissait nues mes longues jambes fines et galbées. Elles ne laissaient indifférent aucun des passants, et ils étaient nombreux ce dimanche dans le parc. Le haut du corps recouvert d’un maillot à l’effigie de notre association, moulait ma poitrine généreuse. La quarantaine montrait son nez mais je restais encore très avenante. Notre guide, le seul homme du groupe, me lorgnait et restait le plus souvent près de moi. Je m’amusais à voir son visage dont les joues s’empourpraient lorsqu’il regardait mes seins qui ballottaient sous le tissu léger. Les pointes de mes mamelons semblaient vouloir percer le tissu et mes aréoles dessinaient leurs cercles, cela captivait son regard. Mes jambes lisses et douces aux cuisses fermes l’excitaient. Je sentais son désir et devinais ses mains avides de saisir mes seins, sa bouche assoiffée de la mienne et son sexe qui devait se raidir.

Vers midi nous sortîmes du parc par la porte Blanche. Notre accompagnateur nous proposa de nous arrêter pour manger. Nous étions dans la commune de Marnes la Coquette. Ce petit village ressemble à un bourg de province. Un bourg privilégié à en voir les bâtisses et les espaces verts. C’est dans cet endroit que vécu et mourut Pasteur. Un chemin conduit à un musée qui commémore une partie de la vie du grand homme. Nous posâmes nos sacs à l’ombre de grands arbres et sortîmes nos pique-niques. Plusieurs personnes avaient apporté des bouteilles de vin et notre animateur l’apéritif. Le repas promettait une bonne ambiance. Je dégustai l’apéritif, un vin blanc doux des Bords de Loire. Mes joues s’enflammèrent d’une intense chaleur lorsque je bus le nectar. Nous mangeâmes de bonne humeur et dans le partage. Comme j’avais préparé deux sandwichs et quelques fruits, je terminai la première mon repas. Je décidai de faire un tour dans la rue principale.

–          On part dans quarante cinq minutes. Rendez-vous ici, nous informa notre guide tout en caressant de ses yeux et mes jambes et ma poitrine.

Il n’avait pas fini de manger, sinon il se serait joint à mes pas peut-être pour me déclarer sa flamme. J’attendais ce jour depuis longtemps car moi aussi j’étais amoureuse de lui. Je lui adressai mon plus beau sourire en le quittant. J’avais le fol espoir que cette œillade l’inviterait à me rejoindre un peu plus loin.

Je déambulai lascive sous le soleil qui réchauffait mon corps en le caressant comme un amant qui réveille la volupté. J’observai l’ancienne poste dont on avait conservé l’appellation : Poste, Télégraphe, Téléphone. Des maisons de caractères, une jolie mairie captèrent mes yeux. De grandes propriétés privées dont un joli château complétaient le tableau. Tout à côté du château, un ancien atelier de peintre arborait ses grandes baies. Tout d’abord, je crus qu’il s’agissait d’un ancien atelier qui peut-être avait connu un artiste célèbre. Mais en m’approchant je vis que l’atelier était toujours en fonction. Sa porte entrebâillée incitait à entrer.

J’hésitai car j’espérai la venue de l’accompagnateur. Au bout de quelques temps, un peu dépitée, je me décidai.

Je poussai la porte et pénétrai dans l’atelier. Je reçu en plein nez des odeurs auxquelles je ne pus donner un nom. La pièce grande, longitudinale baignait dans la lumière grâce aux larges bais qui perçaient les murs à l’entrée. Au milieu un grand établi sur lequel s’entreposaient un tas de choses hétéroclites. J’aperçu des tubes de couleurs la plupart ayant servi, des couteaux de différentes formes, des chiffons sales, des bouteilles de white spirit… bref cela ressemblait à un capharnaüm. Contre l’un des murs un évier sale dont le robinet  laissait un filet d’eau  s’enfuir. J’avançai. Sur les murs latéraux et celui du fond un grand nombre de toiles suspendues attirèrent mon attention. Tout d’abord je ne vis pas la peinture elle-même. Je me rapprochai et tressaillis de surprise. Mes joues s’empourprèrent un peu. Ma poitrine se gonfla sous une respiration qui devenait forte. Je dois le dire, ce que je vis m’offusqua. Pourtant je ne suis pas bégueule, encore moins puritaine, mais là tout de même ! Au premier abord les peintures me choquèrent puis petit à petit, en me rapprochant, le côté purement artistique retint toute mon attention. Au bout de quelques minutes, je l’avoue, mes sentiments devenaient confus. Je sentis monter  en moi ce mélange de rejet et d’attirance : la morale et l’envie s’entrechoquaient. La chaleur qui envahissait mon corps n’avait plus rien à voir avec celle de l’extérieur. Mes joues rougissaient devant les peintures. Une étrange et douce volupté gagna tout mon corps. Peut-être une telle sensation vous est déjà arrivée. Tout se bouscule dans la tête : le bien et le mal, le beau et le laid, la morale répressive et l’envie libertine… je vivais une dualité entre des désirs refoulés, réprimés et ma vision très conformiste du sexe. Je posais mon regard sur les tableaux et je découvrais un autre monde pourtant si proche. Mon éthique rejetait la nature même de la peinture, mais mon corps ressentait une attirance…

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Sur le mur de droite une dizaine de toiles montrait des fesses, des fesses de femmes : des rondes, des bombées, des charnues, des roses, des courbes évocatrices, des dodues, des lisses… sur le mur d’en face s’affichaient des toiles de sexes de femmes aux vulves fermées et ouvertes, certaines aux touffes rasées ou buissonneuses. Sur le mur de gauche là aussi une douzaine de tableaux offrait des seins de formes différentes : des gros, des petits, certains dressées ou affaissées, aux pointes érigés, aux aréoles plus ou moins marqués, des blancs laiteux, des blancs halés, des noirs, des tatoués.

Subjuguée par la nature de ces toiles je m’interrogeai quand à l’attitude du peintre. Pourtant et malgré ma première attitude de rejet, quelque chose me laissait rêveuse.   Les toiles joliment  peintes ne pouvaient être l’œuvre que d’un artiste de grand talent. En regardant de plus près, je discernai le signe  d’une recherche, d’une finition, d’une réalité, le souci du moindre détail.

J’essayai de reconstituer à qui appartenait les représentations pour imaginer l’anatomie entière de la fille qui posait nue pour le peintre. J’imaginai son corps soumis aux désirs érotiques de l’artiste. Je l’entrevis jambes écartelées offrant son sexe au pinceau qui allait l’immortaliser ou montrant ses fesses et ses seins aux yeux du peintre qui mesurait, soupesait le détail évocateur des lèvres ouvertes, celui d’une toison rousse, le contour d’un mamelon…

Comment de telles poses suggestives pouvaient devenir aussi naturelles sur la toile ? Je  me posais toutes sortes de questions tandis que mon émoi grandissait, que la chaleur intérieur de mon corps me suffoquait. Je dois le dire ma sensualité semblait galvanisée par les tableaux que je dévorai du regard. Les pointes de mes seins se dessinèrent sur mon maillot au tissu léger et translucide. D’une main je les caressai. Dans l’entre-jambes, ma vulve aussi travaillait. Je mis une main sur mon sexe et je sentis le désir s’entrouvrir…

–          Vous aimez ? me demanda soudain une voix gutturale venue de derrière moi.

Je sursautai rouge cramoisie de confusion. Je n’avais pas entendu l’homme. Je me retournai. Je restai abasourdie, stupéfaite.

Le peintre était là, à quelques centimètres. Il soutenait de sa main gauche une palette pleine de couleur. Sa main droite tenait un ciseau. Il arborait des cheveux longs qui tombaient en désordre sur ses épaules et son dos. L’homme, hormis des baskets, était nu, entièrement nu et son sexe en érection semblait attendre, comme une main tendue, qu’on le saisisse !

N’étant pas née de la dernière pluie, j’en avait vu des hommes et de toutes les couleurs si j’ose dire, mais là je ne m’y attendais pas. J’étais confuse, gênée.

–          On ne peut peindre les trésors de ces dames qu’en leur montrant le sien, me dit-il comme s’il lisait dans mes pensées, cela les rend plus naturelles, plus lascives, plus suggestives. Regardez ce tableau dont le sexe ouvert semble un appel à la pénétration, il fallait déclencher l’envie pour le peindre.

L’homme me montrait la toile, m’expliquait les couleurs qu’il avait choisies. Il me raconta de quelle façon son modèle assit sur un fauteuil ouvrit ses jambes afin de montrer son anatomie. Mon cœur s’emballait, mes mains devenaient moites, mes yeux allaient, dans un va et vient, des toiles au phallus du peintre. Il se rapprocha de moi. Instinctivement ma main se leva et se posa sur le membre dressé. La douceur de la verge érigée dans ma main me procura une jouissance. Je caressai doucement la verge. Mes doigts effleurèrent  ses testicules que je tâtai, massai, chatouillai.

Lorsque je sortis de l’atelier, laissant l’artiste et son sexe apaisé, la chaleur du soleil me sauta au visage. Je repris le chemin inverse pour rejoindre le groupe qui m’attendait.

–          Ça va ? me demanda le guide en matant mon corps de bas en haut.

–          Oui, lui répondis-je. J’ai passé un bon moment.

Ce n’était pas un vain mot et je me promettais de revenir à Marne la Coquette pour revoir cet atelier et son peintre. Mais la prochaine foi, je viendrai seule et je poserai pour l’artiste.

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Nouvelle érotique : Cabine d'essayage

Cabine d’essayage

Cabine d'essayage
IMG_2838b par courambel

Martine utilisait l’escalator qui mène aux étages desservant les plates formes du complexe marchand de la Défense. A ces niveaux se trouvaient des magasins de prêt à porter haut de gamme. Elle se rendait dans une de ces boutiques de luxe. La période des soldes battait son plein. Martine cherchait une robe légère et courte qui mettrait en valeur son corps et ses jambes. Une robe au décolleté avantageux pour sa poitrine. Un peu provocatrice, elle aimait montrer son anatomie, enfin juste ce qu’il fallait pour allumer le feu à la libido des hommes. Elle aguichait, sans chercher à provoquer. Elle souhaitait simplement attirer le regard, créer l’envie. Il se dégageait de sa personne quelque chose d’érotique, de charnel. Elle savait le pouvoir qu’elle exerçait sur les humains et les hommes en particulier. Elle riait du tourment qu’elle lisait dans les yeux éperdus du passant, s’amusait de l’agitation qu’elle suscitait.

Sa jupe courte laissait voir deux jambes fuselées aux cuisses galbées ainsi que sa culotte rouge à dentelles. Bien des mâles l’observaient à la dérobée, d’autres plus directement sans se cacher du regard courroucé des autres femmes. Elle adorait se savoir observée. Un jour assise à la terrasse d’un café, dans le même complexe, elle avait croisée ses jambes nues. Sa mini jupe laissait voir l’entrée de la porte aux délices. Elle jouissait du regard des hommes qui passaient et repassaient, les yeux avides et leurs bouches sèches. Martine était une sensuelle qui appréciait autant les caresses que les regards envieux sur son corps.

La quarantaine passée, elle offrait un corps splendide, bien proportionné et un visage qui la faisait paraître plus jeune. Elle portait un soutien gorge rouge que l’on devinait lorsque les yeux plongeaient dans l’échancrure de son corsage peu sage. Une échancrure généreuse tout comme ses seins que les hommes épiaient avec avidité et pour certains le visage congestionné. Parfois ce n’était pas uniquement le visage qui se congestionnait. Elle se souvenait avec délectation d’un jour où presque dans la même situation, mais sur un escalier mécanique d’une gare de banlieue, elle avait fait chavirer la foi d’un prélat ! L’abbé en voyant ses cuisses était devenu rouge comme une tomate. Son sexe en érection  laissa percevoir une bosse dans le pantalon. Martine avait plaisanté de la chose. Oh ! Monsieur le curé vous avez quelque chose qui bouge dans votre slip. Le bougre avait beau invoquer dieu, rien n’y faisait ! Innocente et perverse elle avait de sa main tâté, caressé  l’objet du délit. Le prêtre s’était épanché dans son pantalon tout confus.

 Elle ne laissait personne indifférente, ni les hommes qui espéraient, ni les femmes qui la jalousaient. Beaucoup d’hommes l’avaient suivis sur l’escalier simplement pour lorgner, capter l’instant.  Ils n’avaient rien à faire dans la galerie marchande, mais ils suivaient une image, un désir. Hélas la convoitise venait de disparaître dans une boutique de vêtements pour dames. Il eut été indécent pour ces mâles d’accompagner l’ingénue. Ils firent demi-tour ou continuèrent leur chemin à la recherche d’une autre image. Il est vrai que la saison printanière et ses premières chaleurs déshabillaient les filles, raccourcissaient les vêtements, offrant les corps aux doux rayons du soleil et aux voyeurs privés par un long hiver qui emmitoufla jusqu’au nez les femmes.

Martine était nature. Elle ne pensait pas aux regards concupiscents des autres bien qu’elle savait que son port attirait bien plus que des marins sans filles. Des maris, en apercevant son allure, regrettaient leur célibat.

Elle était belle et en profitait tant que cela durerait. Au fond d’elle-même elle en retirait un bonheur physique de voir les yeux des hommes la contempler tout en sortant de leurs orbites. Parfois son plaisir semblait plus profond. Elle aussi, du coin de l’œil, regardait les observateurs. En rêve, elle disséquait les corps, évaluait leur virilité, observant les mains. Les mains, surtout celles aux longs doigts susceptibles de caresses profondes, d’effleurements, celles qui  déclenchent des ondes sur sa peau. Oui, martine supputait et, le cas échéant, choisissait, tâtait le corps de l’homme, soupesait la capacité du type  comme on choisit un fruit à l’étal du marchand des quatre saisons. Elle était comme ça. Bien que pas féministe pour un sou, Martine avait décidé de choisir et non d’être choisi. A son adolescence,  elle avait fait le premier pas vers celui qui l’avait défloré. Elle avait conduit le sexe hésitant vers l’orifice de sa vulve pour l’intronisation. Elle savait ce qu’elle voulait. Elle obtenait ce qu’elle voulait. Ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était la sensualité, les massages, les préliminaires qui transforment votre corps stressé en un réceptacle à l’amour.

La boutique de luxe, tenue par deux femmes jeunes et jolies, étalait ses soldes aux chalands. Martine fit le tour des présentoirs, puis finit par jeter son dévolu sur une robe d’été.

–          Je vais l’essayer dit-elle à une vendeuse.

–          Je vous en prie répondit cette dernière en lui ouvrant le rideau de la cabine d’essayage.

La vendeuse s’attarda sur le corps de Martine comme si elle lui ôtait ses vêtements, tous ses habits. Martine se sentait nue sous le regard des yeux langoureux.

Martine qui venait régulièrement dans la boutique soupçonnait les deux femmes d’être lesbiennes. Martine n’avait jamais goûté à ce plaisir entre femmes. Elle ne rejetait pas forcément. Après tout, se disait-elle, le plaisir charnel d’une langue sur sa vulve qui titille le clitoris, les lèvres et l’entrée de son vestibule, que cette langue soit celle d’un homme ou d’une femme qu’importe !

La cabine spacieuse, éclairée par une lampe qui diffusait une lumière tamisée, offrait un grand miroir et plusieurs porte-vêtements. Martine enleva ses chaussures, sa jupe, son chemisier. Avec son slip et son soutien gorge rouge, son corps aurait fait bander un jésuite. Sa culotte laissait entrevoir le triangle de son jardin d’amour sur lequel tout être, normalement constitué, aimerait pâturer. Le dessin de sa vulve épousait le tissu transparent. Les boutons de ses seins semblaient vouloir percer le tissu et les aréoles dessinaient leurs cercles que l’on devinait. Elle était belle et le savait. Lentement ses mains prirent les deux globes qu’elle tritura, malaxa, puis descendirent vers le slip. Une main souleva le tissu et des doigts s’aventurent sur le jardin pour cueillirent le fruit qui se gonflait sous les caresses. Martine aimait se caresser, se donner du plaisir. Elle ressentait, de ses plaisirs solitaires, une plénitude entière de son corps, une jouissance sans retenue. Elle savourait l’excitation qui montait.  Elle ferma les yeux, soupira et brusquement sursauta.

Christelle dans la cabine d'essayage
Christelle par Christelle

D’autres mains caressaient son dos, épousaient la forme de ses mamelons, le galbe de ses cuisses. Des caresses douces qui faisaient tressaillir sa peau, lui procurant des secousses qui se propageaient   dans les ramifications de ses nerfs. Elle resta étourdie. Elle ouvrit les yeux. Là dans le miroir, elle  le vit. L’homme, derrière elle et tout contre elle, souriait. Il dépassait Martine d’une tête. Il portait un pantalon et une veste anthracite. Une chemise crème moulait son torse. Ses mains expertes aux longs doigts effilés dansaient, virevoltaient sur sa peau, effleuraient son épiderme et procuraient une sensation électrique dans tout son être. Doucement, lentement une main dégrafa le soutien gorge. Deux seins laiteux et fermes jaillirent à l’air libre. Les mains chaudes enveloppèrent les deux globes en épousant leur forme. L’homme fit tourner Martine sur elle-même face à lui. Elle sentit son odeur. Il se pencha. Leurs lèvres se soudèrent en un long baiser et leurs langues se chatouillèrent avec tendresse tandis que de ses doigts fins il caressait les tétons qui durcirent et se dressèrent sous les doigts agiles. Puis, doucement, lentement, la bouche de l’homme abandonna la sienne pour descendre vers les seins que sa langue lécha puis continua sa descente vers la prairie qu’il brouta, vers les cuisses qu’il embrassa, suça. Sa langue mouillée se posa sur son vagin humide, rencontra les lèvres qui s’écartèrent à l’approche du plaisir, titilla le clitoris tandis qu’un de ses doigts agile pénétrait dans la fente ouatée, fouillait son intimité et déclencha la jouissance. Les jambes de Martine titubaient sous le plaisir, son souffle s’accentuait. Des vagues de volupté l’inondait. Sa gorge laissait échapper de longs murmures  rauques. Tout son corps frissonnait dans l’attente de l’explosion finale. Les pointes érigées de ses seins se dressaient. Le paroxysme de la jouissance montait en elle. Elle allait hurler avec l’orgasme qui se pointait quand soudain une sonnerie se mit à retentir rompant et le charme et la caresse de l’homme.

 Elle se ressaisit, se rhabilla en vitesse. Quand elle fut prête, elle se retourna. Elle était seule. L’homme aux longs doigts caressants avait disparu. Portant personne n’avait touché le rideau. Elle sortit, les joues rouges, le sexe enflammé.

–          Je prends la robe dit-elle encore toute retournée.

–          Oui madame répondit la caissière. Nous allons bientôt fermer le magasin. Vous êtes notre dernière cliente.

–          Il n’y a pas d’homme ici demanda Martine intriguée.

–          Non madame nous sommes deux femmes pour gérer la boutique. Nous ne voulons pas d’homme. D’ailleurs nous ne les aimons pas trop soupira t-elle en regardant Martine d’un air qui en disait long. Mais si vous voulez vous pouvez rester pour essayer d’autres vêtements. Nous fermons le store, vous n’aurez pas besoin d’aller en cabine pour vous déshabiller.

L’allusion paraissait évidente et directe. Les deux femmes entouraient Martine. L’une des vendeuses effleura de ses doigts les cuisses de Martine.

–          Vous êtes ravissante madame, lui dit-elle dans un sourire alangui.

–          Merci répondit Martine peut-être lors d’une autre visite nous ferons l’amour toutes les trois après la fermeture.

Les deux femmes semblaient aux anges et la promesse les tiendraient en joie jusqu’au jour ou Martine reviendrait. Car elle avait bien l’intention de goûter à d’autres sensations Martine. Mais aujourd’hui elle n’avait plus envie après les attouchements de l’inconnu qui avait disparu.

Pourtant Martine n’avait pas rêvé, d’ailleurs son corps gardait la douceur des caresses. Existait-il une porte secrète dans le fond de la cabine ? Était-elle la première à subir cet inconnu ? Quelle complicité pouvait-il avoir entre les deux femmes et cet inconnu ? Une quantité de question se bousculaient dans sa tête.

C’était aussi la première fois que Martine ne choisissait pas mais était choisie.

Martine quitta la boutique. Elle ne sut jamais qui fut cet homme et malgré de nombreuses visites dans le magasin, plus jamais elle ne le revit.

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« À Madame G. » par Alfred de Musset

À Madame G. (Sonnet)

Bonjour Madame
Bonjour Madame Par originalgrammatique

C’est mon avis qu’en route on s’expose à la pluie,
Au vent, à la poussière, et qu’on peut, le matin,
S’éveiller chiffonnée avec un mauvais teint,
Et qu’à la longue, en poste, un tête-à-tête ennuie.

C’est mon avis qu’au monde il n’est pire folie
Que d’embarquer l’amour pour un pays lointain.
Quoi qu’en dise Héloïse ou madame Cottin,
Dans un miroir d’auberge on n’est jamais jolie. Continuer la lecture de « « À Madame G. » par Alfred de Musset »