« Stèle Provisoire » de Victor Segalen

Stèle Provisoire

Ce n’est point dans ta peau de pierre, insensible,
que ceci aimerait à pénétrer ; ce n’est point
vers l’aube fade, informe et crépusculaire, que
ceci, laissé libre, voudrait s’orienter ;

Ce n’est pas pour un lecteur littéraire, même en
faveur d’un calligraphe, que ceci a tant de
plaisir à être dit :

Mais pour Elle.

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« Les deux nonnes et l’ânon » de Jacques Hiers

Les deux nonnes et l’ânon

Femme Liée
Les mains liées Par patdebaz

Elles se déshabillèrent.
Elles étaient enfin
Libres et complices
Et s’étreignirent.
Luana, l’italienne
Glissa sa cuisse
Entre celles d’Elisabeth
Et elles s’envulvèrent
Frénétiquement.
Il faisait encor jour.
Leurs frétillements
Et leurs odeurs
Sans doute émoustillèrent
Les sens de l’ânon
Qui se mit à bander ; Continuer la lecture de « « Les deux nonnes et l’ânon » de Jacques Hiers »

« À celle qui est voilée » de Victor Hugo

À celle qui est voilée

[singlepic id=137 w=240 h=320 mode=web20 float=right]Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan. Continuer la lecture de « « À celle qui est voilée » de Victor Hugo »

« À Julie » par Alfred de Musset

À Julie

Julie
Julie Par JustProd

On me demande, par les rues,
Pourquoi je vais bayant aux grues,
Fumant mon cigare au soleil,
A quoi se passe ma jeunesse,
Et depuis trois ans de paresse
Ce qu’ont fait mes nuits sans sommeil.

Donne-moi tes lèvres, Julie ;
Les folles nuits qui t’ont pâlie
Ont séché leur corail luisant.
Parfume-les de ton haleine ;
Donne-les-moi, mon Africaine,
Tes belles lèvres de pur sang. Continuer la lecture de « « À Julie » par Alfred de Musset »