Un poème érotique d'un poète amateur : « P.P.C »

P.P.C

Connin, bijou sans prix finement ciselé,
Un soir, par quelque fée experte japonaise,
Fleur de vie ou de mort pour l’homme ensorcelé
À ses fraîcheurs d’aurore, à ses feux de fournaise.

Fruit de chair, pulpe exquise et dont l’accent amer
(Ce rappel de l’arôme étonnant où la brise
Pimente son haleine en passant sur la mer)
Vaut tous les poivres-longs sous le duvet qui frise.

Calice aux vins puissants et magiques dont nous
Ne devons approcher qu’en extase, à genoux,
Sans en faire rougir les roseurs d’aubépine.

Car la langue, elle seule, y doit servir d’amant,
Avec le doigt, sans ongle et mouillé prudemment.
Le cul n’est-il pas là pour y fourrer sa pine ?

Hannon

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« La tendresse de l'amour » de Jean-Marc Buttin

La tendresse de l'amour

(poésie amour)

Comment s'aimer sans se faire souffrir
Entrer dans l'intimité de l'autre
Et rester toujours à devoir séduire
Pour posséder dans un plaisir autre

Aimer d'amour et d'indifférence
Croire l'autre comme on le souhaite
Vouloir plus encore que la souffrance
Sublimer un lien en rut de bête

Le désir du désir de rencontre
Quand les corps se disent leurs faux secrets
Jouissant des caresses tout contre
Les abîmes se creusent à forts regrets

Solitude de la jouissance
Au visage de la mort annoncée
Aux teintes de la toute puissance
Donner des caresses aux mots voilés

Vouloir encore et toujours posséder
Jusqu'à perdre pour un meilleur retour
Toujours espéré d'un temps forcené
Culbutant le réel sur noir velours

Perdre pour retrouver sinistre jeu
D'une impuissance à aimer librement
Sous l'armure étriquée d'une peur bleue
Peinte aux violences d'un enfant errant

Savoir perdre est le signe de l'amour
A l'amour adressé pour tendresse
D'un jour égaré au loin désamour
Retrouvant le tendre des caresses.

Jean-Marc Buttin

Tendresse et Amour
Tendresse et Amour par Éole

« Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus » de Philibert Bugnyon

Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus

Le ciel avoit decouvert ses beaux yeus,
Pour eclairer la nuit sombre et obscure,
Quand j’apperceu la vive pourtraiture
De celle, ou git mon espoir gracieus.

Je fu trompé par l’espoir radieus
Que ses flambeaux jettoient à l’avanture,
Sur le plus haut de ma propre stature,
Qui luy servoit d’objet delicieus.

Si lustre étoit, et limpide sa veuë,
Si transparent et si tres-emouluë,
Qu’elle excedoit en lueur, les etoiles :

Je ne la peu jamais voir à plaisir,
Bien que tel fu mon envieus desir,
Tant s’opposoient devant mes yeus de voiles.

Philibert Bugnyon

Femme aux Yeux Bleus
Stormy Daniels by Thomas Hawk

« Le bonheur » de Charles-Louis de Malfilatre

Le bonheur

Ode

Dans mon sein, vérité suprême,
Descends du ciel pour m’éclairer.
Je veux me connaître moi-même ;
Il est honteux de s’ignorer.
Du coeur humain perçons l’abîme ;
C’est de cette étude sublime
Que l’homme s’occupe le moins.
Dans ce coeur porte la lumière :
Montre-moi la cause première
Et le vrai but de tous ses soins.

Le bonheur est la fin unique,
Où tendent les voeux des humains ;
C’est lui que notre esprit s’applique
À chercher par divers chemins.
Sans en comprendre la nature,
Chacun le place à l’aventure
Dans l’objet dont il est flatté ;
L’ambitieux le nomme gloire ;
Le guerrier l’appelle victoire,
Et le libertin volupté.

De son nom la beauté nous frappe ;
On aime à s’en entretenir ;
Mais son essence nous échappe,
Quand nous voulons le définir.
Une idée obscure et confuse
N’en laisse, à l’esprit qu’elle abuse,
Entrevoir que quelques éclairs
Tel oeil à travers un nuage
Du soleil caché voit l’image
Qui se joue encor dans les airs.

Ah ! si loin des bords de ce globe,
Tu n’as pas fui sous d’autres cieux,
Bonheur ! quel séjour te dérobe
Si longtemps à nos tristes yeux ?
Ces dieux qui portent la couronne,
Et que la mollesse environne,
T’enferment-ils dans leur trésor ?
Est-ce ta lumière immortelle
Qui dans l’escarboucle étincelle,
Ou qui nous éblouit dans l’or ?

De tous les faux biens l’homme avide
En vain recherche le secours ;
Ils n’ont jamais rempli le vide
Que dans lui-même il sent toujours :
(Des fleuves, au sein d’Amphitrite
Ainsi l’onde se précipite,
Sans en remplir la profondeur),
Et l’aliment qu’il donne encore
Au feu secret qui le dévore
Ne fait qu’en ranimer l’ardeur. Continuer la lecture de « « Le bonheur » de Charles-Louis de Malfilatre »