« Beauté, dans ce vallon… » de Cécile Sauvage

Beauté, dans ce vallon…

Beauté, dans ce vallon étends-toi blanche et nue
Et que ta chevelure alentour répandue
S’allonge sur la mousse en onduleux rameaux ;
Que l’immatérielle et pure voix de l’eau,
Mêlée au bruit léger de la brise qui pleure,
Module doucement ta plainte intérieure.
Une souple lumière à travers les bouleaux
Veloute ta blancheur d’une ombre claire et molle ;
Grêle, un rameau retombe et touche ton épaule
Dans le fin mouvement des arbres où l’oiseau
Voit la lune glisser sous la pâleur de l’eau,
Ô silence et fraîcheur de la verte atmosphère
Qui semble dans son calme envelopper la terre
Et t’endormir au sein d’un limpide univers,
Ô silence et fraîcheur où tes yeux sont ouverts
Pour suivre longuement ta muette pensée
Sur l’eau, dans le feuillage et dans l’ombre bercée.
Immortelle beauté,
Pensée harmonieuse embrassant la nature,
Endors sereinement ton rêve et ton murmure
Au-dessus des clameurs lointaines des cités.
Le monde à ton regard s’efface et se balance
Autour de ces bouleaux pleureurs
Et l’hymne de ton âme infiniment s’élance
Dans l’insaisissable rumeur.

Vallon, pelouse, silence
Où l’ombre vient s’allonger ;
Une pâle lueur danse
Et de son voile léger
Effleure ta forme claire
Sur qui rêvent les rameaux
Et le mouvement de l’eau
Paisible entre les fougères.

Cécile Sauvage
« Le Vallon »

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« Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon cœur » d'Émile Verhaeren

Comme aux âges naïfs, je t’ai donné mon cœur

Comme aux âges naïfs, je t’ai donné mon cœur,
Ainsi qu’une ample fleur,
Qui s’ouvre pure et belle aux heures de rosée ;
Entre ses plis mouillés ma bouche s’est posée.

La fleur, je la cueillis avec des doigts de flamme,
Ne lui dis rien : car tous les mots sont hasardeux
C’est à travers les yeux que l’âme écoute une âme. Continuer la lecture de « « Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon cœur » d'Émile Verhaeren »

« Vénus » de Victor Hugo

Vénus

Ciel ! un fourmillement emplit l’espace noir,
On entend l’invisible errer et se mouvoir ;
Près de l’homme endormi tout vit dans les ténèbres.
Le crépuscule, plein de figures funèbres,
Soupire ; au fond des bois le daim passe en rêvant ;
À quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t’aime !
La clochette bourdonne auprès du chrysanthème
Et lui dit : paysan, qu’as-tu donc à dormir ?
Toute la plaine semble adorer et frémir ;
L’élégant peuplier vers le saule difforme
S’incline ; le buisson caresse l’antre ; l’orme
Au sarment frissonnant tend ses bras convulsifs ;
Les nymphaeas, pour plaire aux nénuphars pensifs,
Dressent hors du flot noir leurs blanches silhouettes ;
Et voici que partout, pêle-mêle, muettes,
S’éveillent, au milieu des joncs et des roseaux,
Regardant leur front pâle au bleu miroir des eaux,
Courbant leur tige, ouvrant leurs yeux, penchant leurs urnes,
Les roses des étangs, ces coquettes nocturnes ;
Des fleurs déesses font des lueurs dans la nuit,
Et, dans les prés, dans l’herbe où rampe un faible bruit,
Dans l’eau, dans la ruine informe et décrépite,
Tout un monde charmant et sinistre palpite.
C’est que là-haut, au fond du ciel mystérieux,
Dans le soir, vaguement splendide et glorieux,
Vénus rayonne, pure, ineffable et sacrée,
Et, vision, remplit d’amour l’ombre effarée.

Victor Hugo
« Toute la lyre »

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« Et voile à nul souffle bercée » de Max Elskamp

Et voile à nul souffle bercée

Et voile à nul souffle bercée,
S’enguidonne d’un beau ciel d’or
Le dimanche très en décor
Pour les femmes de mes pensées :

Et les femmes ont dépensé
Leur cœur tout devant les fenêtres
Et creusent, d’amour enlisées,
Jusqu’au pleur ce ciel des fenêtres.

Vierges d’attente et de martyre,
Au gril vert des persiennes lasses,
Dans les jardins des croisées basses,
Les femmes, jusqu’à se mourir,

Cristallisent rouge aux fenêtres
– Appeau naïvement enfant –
Leur coeur sous les tabliers blancs
Et tels des rideaux aux fenêtres.

Or, en vain, les femmes, amantes
D’aimer, se sentent infinies,
Leurs besognes sont définies,
Et, pauvre, leur coeur de servantes

Froidit, pour que se fassent blanches
Leurs mains, en très naïves grèves,
Dans la comédie bleue du rêve.
Or passent ainsi les dimanches.

Max Elskamp

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« Voile » par Turkinator

Bonnes Fêtes, et Joyeux Noël

Bonnes Fêtes de Fin d’Année

2011 touche à sa fin, et son flot d’actualités n’incite pas à la réjouissance. Pourtant, ces périodes de fêtes doivent être toujours le reflet de ce qui doit l’emporter ici, et là : la fraternité, et l’amour.

Ce sont deux qualités essentielles pour un bien-vivre. Sans Fraternité, la Liberté n’est rien. On a beau « parler la langue des anges, Si je n’ai pas l’Amour, Je ne suis qu’airain qui résonne ».

Pour 2011, Poemes-amour.com vous souhaite un Joyeux Noël ! Qu’il soit la signe de la fraternité, et des retrouvailles en famille !

Bon Bout d’An !  En attendant 2012, qui doit être synonyme d’amour !

L’administrateur de poemes-amour.com

« La Femme » de Max Elskamp

La Femme

Mais maintenant vient une femme,
Et lors voici qu’on va aimer,
Mais maintenant vient une femme
Et lors voici qu’on va pleurer,

Et puis qu’on va tout lui donner
De sa maison et de son âme,
Et puis qu’on va tout lui donner
Et lors après qu’on va pleurer

Car à présent vient une femme,
Avec ses lèvres pour aimer,
Car à présent vient une femme
Avec sa chair tout en beauté,

Et des robes pour la montrer
Sur des balcons, sur des terrasses,
Et des robes pour la montrer
A ceux qui vont, à ceux qui passent,

Car maintenant vient une femme
Suivant sa vie pour des baisers,
Car maintenant vient une femme,
Pour s’y complaire et s’en aller.

Max Elskamp

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« Jamais vit ne fit son devoir… » de Pierre Corneille de Blessebois

Jamais vit ne fit son devoir
De façon si chatouilleuse,
Et jamais la fouteuse et lubrique Amarante
N’avait vu dans son con si fortement pleuvoir.

Un flic-flac redoublé formait un doux murmure,
Et l’ahan de leur cul en arracha main pet
Tel qu’un brave canon les fait,
Quand le salpêtre sort de sa large embouchure.

Pierre Corneille de Blessebois
« Le rut ou la pudeur étreinte »

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