Amour
À une femme
Enfant, si j’étais roi, je donnerais l’empire
Et mon char et mon sceptre et mon peuple à genoux,
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre
Et mes flottes à qui la mer ne peut suffire
Pour un regard de vous !
Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les
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« C’est le désir d’être aimé, quand on aime, qui fait les grands tourments. Une âme qui serait assez pure et assez dévouée pour ne rien demander, que d’aimer, serait heureuse ; car aimer, c’est déjà le bonheur. »
Laure Saint-Martin Pernon d’Abrantès
Une jeune fille
J’aime. Ô vents, chassez l’hiver.
Les plaines sont embaumées.
L’oiseau semble, aux bois d’Aser,
Une âme dans les ramées.
L’amante court vers l’amant ;
Il me chante et je le chante.
Oh ! comme on dort mollement
Sous une branche penchante !
Je m’éveille en le chantant ;
En me chantant il s’éveille ;
L’aurore croit qu’elle entend
Deux
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Je suis comme la licorne
Je suis comme la licorne
En extase devant la jeune fille
Dont elle ne détache pas ses regards.
Elle éprouve un si doux malaise
Qu’elle tombe sans connaissance en son giron.
Alors on la met à mort par traîtrise.
De même Amour et ma dame
M’ont blessé à mort, en vérité :
Ils ont
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Sève, qui peins l’objet dont mon cœur suit la loi,
Son pouvoir sans ton art assez loin peut s’étendre;
Laisse en paix l’Univers; ne lui va point apprendre
Ce qu’il faut ignorer, si l’on veut être à soi.
Aussi bien manque-t-il ici je ne sais quoi
Que tu ne peux tracer, ni moi te faire
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Quand en songeant ma folâtre j’acolle
Quand en songeant ma folâtre j’acolle
Laissant mes flancs sur les siens s’allonger,
Et que, d’un branle habilement léger,
En sa moitié ma moitié je recolle !
Amour, adonc si follement m’affole,
Qu’un tel abus je ne voudroi changer,
Non au butin d’un rivage étranger,
Non au sablon qui jaunoie en Pactole.
Les Yeux d’Elsa
Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire
À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux
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Quand je parlerais les langues des hommes et des Anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.
Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter
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Ophélie
I
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille
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Samedi – trois heures du matin.
Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire
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